lundi 30 juin 2008
La liberté, oui… mais avec des limites ! L'avis de Jean Marie Forget, psychiatre.
Poser des limites, gérer les sorties avec les copains… évidemment c’est plus facile pendant l’année scolaire ! Quand il y « a » école, votre ado sait bien qu’il ne peut pas sortir tous les soirs… parce qu’il y a les devoirs, les leçons et l’école le lendemain à 8h ou 9h. Le week-end, il en profite, mais pas trop parce qu’il ne doit pas trop se fatiguer.
Alors, quand les vacances arrivent, il réclame tout naturellement le droit de sortir à sa guise, de rentrer à l’heure qu’il veut… en un mot, de décider de sa vie tout seul !
Comment fixer des limites (sorties, copains…) pendant les vacances ? En étant présent et en réajustant votre discours avec l’arrivée des vacances. Car, débarrassés des obligations scolaires qui règlent leur vie pendant toute l’année, vos ados se sentent pousser des ailes et s’imaginent que rien ne peut plus les « empêcher »… ! Attendez-vous alors à ce que leurs demandes de sortie se fassent plus pressantes et plus importantes. Comment réagir ? Puisqu’il n’y a plus d’impératifs scolaires, accordez-leur plus de libertés que pendant l’année… « mais dans la limite de ce que vous pensez pouvoir supporter » précise Jean Marie Forget. C’est pendant les vacances que vous allez être confronté au rude « métier » de parents. Plus possible de se cacher derrière l’école pour interdire à votre enfant de sortir. Vous êtes en première ligne et vous devez « jouer le jeu » : les limites que vous fixez marquent votre autorité et c’est « contre » cette autorité que votre enfant va trouver son identité et identifier son désir. C’est dans le cadre que vous aurez établi que votre adolescent pourra réellement se trouver libre !
Comment gérer les sorties du soir ? Ne fixez pas d’horaires complètement inappropriés ! Les critères à prendre en compte ? Son âge, son degré d’autonomie et si cette sortie s’accompagne de risques bien réels (drogue, abus d’alcool, violence…). C’est à vous de décider de son heure de rentrée. Il faut alors que votre prise de position soit « fiable », « sans concession » et que vous « teniez parole » : ne lui demandez pas de rentrer à minuit alors que vous savez que vous allez rentrer plus tard. Soyez là quand il rentre. Ces horaires peuvent être revus avec lui s’ils sont maladroits… ne lui demander pas de rentrer à 23h alors que la soirée débute à 21h.
Il transgresse les règles… Vous lui aviez accordé 2h du matin après une longue discussion… et il rentre à 4h30 ! Ne punissez pas, sanctionnez : il ne ressortira pas le lendemain contrairement à ce qui était prévu. Tenez bon ! Votre enfant a besoin de « savoir qu’il peut compter sur votre parole » et que vous êtes en accord avec vous-même. S’il n’a pas respecté les limites, c’est peut être aussi parce qu’il veut tester votre autorité. Dans ce cas, les discours moralisateurs ne conviennent pas : « tu pourrais appeler dans ces cas-là ! Tu ne te rends pas compte du souci qu'on s’est fait ! »… Si vous ne faites que lui parler, votre ado peut inconsciemment décider de « pousser le bouchon » de plus en plus loin, quitte à se mettre réellement en danger, juste pour vous faire réagir ! N’oubliez pas qu’il a besoin de limites pour acquérir sa véritable liberté !
Vous n’aimez pas ses copains ! Tant pis… et même tant mieux. Sauf s’il s’agit de délinquants ou de personnes louches qui ne vous inspirent pas confiance, vous ne pouvez pas interdire qu’il ou elle les voit. Ne vous privez cependant pas de dire ce que vous en pensez. Sachez que le fait qu’il ait envie de ramener ses copains à la maison, même pour une après-midi Playstation, est un acte plein de symbolique. Bien que cela ne vous réjouisse pas toujours, montrez-lui que vous appréciez la confiance qu’il ou elle vous témoigne ! « Ils ne sont vraiment pas mon style… mais bon, ce sont tes amis ! ». Dans tous les cas, apprenez à « parler vrai » !
Il se lève tous les jours à midi ! En soit, ce n’est pas grave… mais après quelques jours à ce rythme, ça risque de vous énerver. Il n’est jamais présent aux repas, il traîne toute l’après-midi en T-Shirt et ne s’habille que pour sortir le soir … Petit à petit, il « gagne » du terrain, parce que vous ne voulez pas être « injuste » en lui reprochant une attitude qui vous gêne vous ! Et bien non ! Vous avez tout à fait le droit d’être à bout parce qu’il se lève tard et vous devez intervenir concrètement. Il vous en sera reconnaissant (peut-être pas immédiatement !) puisque vous lui donnez à nouveau des repères solides. Même les moments que vous passerez à vous prendre la tête avec votre ado qui vous traite de « vieux naze » sont importants : au moins vous tenez compte de ce qu'il fait ! Et puis, c’est ça la vie de famille: les parents qui cadrent et les enfants qui contestent.
Quand faut-il interdire ? Vous avez le droit d'en avoir assez qu’il sorte tous les soirs, rentre toujours plus tard et vous en demande systématiquement un peu plus ! Faites entendre votre « Non ! Maintenant ça suffit ! ». Pour Jean-Marie Forget, « l’affirmation parentale doit être posée : « Je pense que cela est [bien de t'interdire cette sortie] . Il est possible que je me trompe. Mais je prends cette décision précise et je m’y tiens ». » Soyez également très attentif à tous les signes que vous envoie votre ado. Posez des vraies limites et de vrais interdits si vous sentez que votre enfant dérappe et qu’il prend une mauvaise direction. Pas parce qu’elle ne correspond pas à ce que vous aviez imaginé de mieux pour lui… mais parce qu’elle le met réellement en danger et compromet sa vie future : drogue, petite délinquance, agressivité permanente, sèche les cours, etc… ! Votre enfant attend de vous que votre parole soit suivie d’actes concrets. Vous représentez l’autorité, rendez-lui sa place d’adolescent : vous le libérez ainsi de ses illusions et l’empêchez de se détruire ! Que pouvez-vous lui dire ? « J’ai vraiment l’impression que tu « déconnes » en ce moment. Ça ne peut plus durer comme ça ! D’ailleurs ce soir, tu ne sors pas ! ».
mercredi 21 mai 2008
L'enfant tornade
Des nuages noirs s’annoncent sur l’avenir du petit Jehan. Les parents ont été appelés à l’école. Rien ne va plus! Leur enfant serait atteint de TDAH…
«Nous sommes inquiets, mon mari et moi, pour l’avenir scolaire de Jehan. On nous parle déjà de penser éventuellement à un enseignement spécial si la situation ne s’améliore pas. L’institutrice se plaint de son incapacité à se concentrer, il bouge sans cesse, il dérange la classe, il donne l’impression de n’avoir aucun intérêt pour les tâches scolaires. Tout le monde s’accorde pour dire qu’il ne manque certainement pas d’intelligence mais son comportement dérange trop. A la maison, c’est aussi un enfant agité. Il reste difficilement en place et une concentration prolongée n’est pas toujours son fort! L’institutrice veut bien encore faire l’effort de le garder jusqu’à la fin de l’année, mais à la condition qu’il se fasse prescrire de la Rilatine par notre médecin de famille. Il paraît que ce médicament améliore les facultés de concentration. Est-ce une bonne chose de le mettre sous médicament? L’hyperkinésie serait-elle une maladie?»Voilà des parents bien déstabilisés! Ce petit, dès son plus jeune âge, se montrait si prometteur concernant l’apprentissage… Il a marché tôt, il a parlé tôt, tout baignait…
TDAH, mystérieuses initialesTDAH signifie: trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité. L’hyperactivité motrice fait état d’enfants en perpétuel mouvement, incapables de mettre en place une action globale organisée, constructive et coordonnée.
L’enfant hyperkinétique serait donc un enfant qui n’arrive pas à contrôler ses mouvements. C’est plus fort que lui: dès qu’il est à un endroit, quelque chose le pousse à se mettre ailleurs. Incapable de rester en place, il a sans cesse besoin de bouger et ne peut s’adonner longtemps à une activité. C’est très fatigant et énervant pour l’entourage de vivre avec pareille tornade! Et ce n’est guère agréable pour l’enfant de ne trouver à aucun moment un lieu où se détendre, se poser et se reposer…
Le diagnostic «hyperkinétique» est très à la mode actuellement et malheureusement trop souvent donné à mauvais escient à des enfants turbulents, agités, mal cadrés ou développant une certaine angoisse. Si vous observez que votre enfant est capable de se concentrer quand une tâche ou un jeu lui plaît, vous pouvez déjà vous dire que la raison de sa bougeotte est à chercher ailleurs que dans un syndrome de TDAH!
Seule une observation fine et adéquate permet de différencier la présence d’un authentique trouble de l’attention d’un simple tempérament excessif, d’une attitude d’opposition avec provocation ou encore d’un signe d’angoisse ou de dépression.
Un enfant turbulentNombreux sont les enfants qui, présentant une symptomatologie hyperkinétique, réagissent à un facteur de stress présent à l’école ou dans la famille. Ou encore sont des enfants actifs au comportement normal mais mal toléré par l’environnement.
Les enfants ont-ils encore le droit d’être des enfants turbulents et casse-cou? Au lieu d’être lovés devant la télé ou accrochés à leur ordinateur, ont-ils des moments de détente physique? Ont-ils l’occasion de se défouler, de courir, de crier, de se rouler à terre ou d’escalader un arbre? Dans certaines écoles, pour éviter la violence lors des récréations, on propose aux enfants de regarder des films vidéo… Chemin faisant, la société favorise et valorise de plus en plus l’homme assis au détriment de l’homme debout! Il n’empêche qu’il y a une catégorie d’enfants actifs qui ont besoin de déployer une grande énergie; ils ont besoin de mouvement, de place, d’air frais et… d’un cadrage clair. Ayant du mal à rester assis toute une journée, de nos jours ces enfants n’ont pas bonne presse! Déjà stressés par une série d’autres facteurs, les adultes ont du mal à assumer ces enfants turbulents. Ces derniers en appellent à une éducation rigoureuse, cohérente et structurante, demandent à être confrontés à des limites claires et à des prises de positions nettes de la part des adultes. Tout cela dans un contexte stimulant leur autonomie et leur responsabilisation. C’est à ce prix qu’ils établissent des repères et trouvent en toute quiétude leur place dans la société. Dans le cas contraire, leur désarroi se manifeste souvent par un comportement impulsif et agité.
Ne pas trouver sa place? Pourquoi?Nombreux aussi sont les enfants anxieux, trouvant mal leur place dans la famille ou dans leur peau, qui se voient coller l’étiquette d’hyperkinésique.
Alors, cet enfant constamment agité, qu’essaie-t-il de nous dire? De nous communiquer? S’il ne reste pas longtemps au même endroit, souvent… c’est qu’il cherche sa place. S’il se déplace sans cesse, c’est qu’il ne trouve pas sa place… Il se cherche, il cherche, sans relâche, avec une détermination inconsciente, infatigable, sa place? Ce lieu d’où il se sentirait reconnu, valable, utile, humanisé.
Il y a mille et une raison qui peuvent induire chez un enfant le sentiment «de ne pas avoir sa place». Quelque chose les agite à l’intérieur de leur psyché et le corps en est le porte-parole. Ils peuvent imaginer de ne pas être du bon sexe, de ne pas être arrivé au bon moment dans la vie des parents, de ne pas répondre à leur attente, d’être transparent à leurs yeux, etc.
Un enfant peut aussi être envahi par une question. La recherche de la réponse, déterminante pour la vision qu’il construit de lui-même, l’empêche de prêter attention à toute autre chose. La diversité de ces questions est illimitée: «Aurait-il mieux fait de ne pas naître? Est-il responsable du divorce de ses parents? Doit-il se sentir coupable de la fausse couche que sa mère a faite lorsqu’il avait deux ans?» Que sais-je encore!
Quid de la Rilatine?
Face à ces enfants qui dérangent la classe, certains enseignants demandent aux parents de faire prescrire à l’enfant de la Rilatine pour les rendre plus calmes. Savent-ils qu’il s’agit d’un médicament figurant sur la liste des stupéfiants? Ce psychostimulant agissant sur le cycle de la dopamine, à l’origine conçu contre les troubles de l’obésité, aurait chez les enfants un effet paradoxal.
Mais n’y a-t-il pas lieu de s’inquiéter que ce médicament, soudainement prôné comme une panacée, soit prescrit avec tant de facilité et de promptitude, alors qu’il s’agit d’une amphétamine qui est, comme on le sait, une drogue? Le rapport sur la Santé dans le monde insiste sur les points suivants: on ignore encore l’étiologie précise des troubles hyperkinétiques et, trop souvent, un diagnostic de trouble hyperkinétique est posé sans que les critères diagnostiques objectifs de cette affection ne soient réunis…
Avant de «doper» un enfant, n’y a-t-il pas intérêt à se questionner s’il n’y a pas d’autres mesures à mettre en place? Un soutien aux parents, une révision de certaines attentes irréalistes, une empathie concernant d’éventuels quiproquos dans la relation de l’enfant avec son entourage ou l’atténuation de certains conflits facilitent souvent les possibilités d’attention d’un enfant. En renforçant son estime de lui, souvent, peu à peu sa bougeotte diminue…
Ce texte a été publié par La Ligue des Familles de Belgique dans son édition Le Ligueur #22.
Enfant Turbulent, Débat avec Edwige Antier, pédiatre, auteure de "Dolto en héritage" (Robert Laffont, 2005), jeudi 22 septembre 2005
Doudou : Les enfants turbulents ont-ils toujours existé ou est-ce une spécificité de nos sociétés actuelles où règne la violence ?
Edwige Antier : Oui, les enfants turbulents ont toujours existé. Parce que les enfants ont toujours connu la violence, malheureusement. Mais il est vrai que dans notre monde d'aujourd'hui, ils sont harcelés par de multiples stimuli : télévision, téléphone, vie précoce en collectivité, qui aggravent considérablement leur agressivité.
COUCOU : Comment faire la différence entre un enfant turbulent et un enfant hyperactif ?
Edwige Antier : C'est très important. Parce que le terme d'hyperactif sonne comme une pathologie qui va mériter traitement ou rééducation. On l'emploie trop largement aujourd'hui. L'hyperactif associe trois symptômes : la difficulté à se concentrer, l'impulsivité et l'agitation. Seule l'association des trois peut faire suspecter le diagnostic d'hyperactivité. Un enfant qui est très actif, qui aime monter sur les toboggans, taper dans les ballons, courir dans les couloirs de la maison, mais qui est capable de se concentrer lorsque vous lui racontez une petite histoire avec un livre, n'est pas un enfant hyperactif. C'est un enfant vif, heureusement.
Tybert : Ne pensez-vous pas qu'un enfant turbulent est un enfant normal ?
Edwige Antier : Oui, ma réponse précédente montre que l'enfant turbulent, mais qui est capable de se concentrer sur un échange avec l'adulte et qui ne bouscule pas systématiquement ses congénères pour toujours passer le premier au toboggan (impulsivité), est normal. Il faut savoir respecter la turbulence de cet enfant mais aussi canaliser son énergie vers des échanges positifs. C'est un enfant avec lequel il faut volontiers se poser pour ouvrir des livres, faire de la pâte à modeler, partager une petite histoire douce à la télévision... Et sa turbulence passera avec la maturité, vers 5 ans.
CANALISER L'ÉNERGIE
Thierry : Ce qu'on appelle turbulence n'est-il pas plutôt de l'énergie non canalisée et mal distribuée plutôt qu'une forme de violence ?
Edwige Antier : Merci, Thierry, d'employer le mot que je viens justement d'écrire : canaliser. Car un enfant est une extraordinaire boule d'énergie. Et toute l'éducation consiste à canaliser son énergie vers le positif : j'apprends à construire une tour de cubes, à parler, à colorier "sans dépasser", par rapport à l'énergie négative : je me roule par terre, je mords, je tape. Et nous allons voir que c'est tout un art et beaucoup de présence.
Luciole : Pensez-vous que la tendance américaine à donner des calmants aux enfants jugés hyperactifs risque de gagner la France ?
Edwige Antier : Bonne question. En France, nous utilisons peu les "calmants" style Ritaline, et nous avons mis des barrières : la prescription initiale ne peut être faite que par un pédopsychiatre hospitalier qui seul peut la renouveler tous les ans, après des bilans approfondis. Même avec cette précaution, la prescription augmente mais reste très marginale. Il ne faut pas non plus ignorer certains vrais hyperactifs qui sont dans des états suicidaires tant ils sont rejetés par le groupe. On ne peut donc réfuter totalement l'intérêt du traitement médical.
Tybert : Vous dites que la vie précoce en collectivité aggrave l'agressivité... Quid, alors, des crèches ?
Edwige Antier : Il est important d'humaniser les crèches, c'est-à-dire que le personnel doit avoir une attention permanente au groupe pour réguler les relations entre les enfants. Et lorsque vous êtes une éducatrice pour huit enfants qui marchent (la norme), il vous faut une attention constante. Faute de laquelle, en effet, les enfants ont des jeux qu'on appelle "parallèles", ils ne savent pas échanger jusqu'à 3 ans, ils se poussent, voire se mordent. C'est dire l'importance de la formation du personnel, du respect qu'on lui doit et de l'ouverture de la crèche aux parents, pour laquelle je travaille avec d'excellents retours.
Sophie : Pensez-vous que les punitions (expliquées et justifiées) puissent aider à "recadrer" un enfant très turbulent ?
Edwige Antier : Certainement pas. Au contraire, soit elles aggravent la turbulence car elles endurcissent l'enfant, qui prend l'habitude de vous braver, soit elles l'éteignent et le transforment en un enfant trop soumis qui perd de sa curiosité. Jusqu'à l'âge de 7 ans, lorsque vous voulez appliquer la punition, l'enfant ne sait déjà plus pourquoi il a voulu transgresser. Il se culpabilise et entre dans le profil de l'"affreux jojo".
Laurence : Ma fille a 2 ans. Je la retrouve depuis sa naissance dans les qualificatifs d'impulsive et d'agitée. Elle ne reste pas en place avec un livre ou un jeu. Seul un DVD de dessin animé la fait tenir en place plus de cinq minutes. Faut-il utiliser ce support pour progresser, ou bien au contraire le réduire à la portion congrue ?
Edwige Antier : On a beaucoup diabolisé le petit écran, mais si vous vous asseyez à côté d'elle, que vous la prenez sur vos genoux en partageant le dessin animé, en faisant des commentaires et en captant bien ses émotions, il joue le rôle d'un livre d'images. Donc pourquoi s'en priver et l'en priver ? Par contre, mettre le DVD en boucle et la laisser sucer son doudou le regard vague pendant que vous vaquez à vos occupations, c'est vraiment habituer son cerveau à l'absence d'échange, et dès que vous éteindrez le magnétoscope, elle se remettra à grimper aux rideaux.
Momo : Un enfant naît-il turbulent ou le devient-il ?
Edwige Antier : C'est toute la question entre l'inné et l'acquis. Avec trente ans de pratique, je peux dire que dans 90 % des cas, il le devient, mais ça vient très tôt. Dès le deuxième semestre de la vie, la façon dont vous interagissez avec votre enfant va laisser partir son énergie de manière négative. Et on peut le deviner en voyant vos relations. Le deuxième enfant est beaucoup plus turbulent que le premier parce qu'on est moins en relation de duo avec le deuxième, par exemple. Le caractère inné s'impose parfois à l'analyse, mais c'est tout de même rare.Le Monde
5 conseils pour lui donner des repères
Ce que vous êtes en droit d'interdire, c’est ce que tous les parents interdisent ! C’est simplement une question de bon sens. Par exemple, il est légitime d’imposer à votre enfant de porter un imperméable lorsqu’il pleut dehors. En revanche, vous ne pouvez pas l’obliger à mettre un imperméable vert pomme simplement parce que vous aimez cette couleur. Et si vous avez peur de tomber dans l'autoritarisme, n'hésitez pas à dialoguer avec votre conjoint. Cela vous permettra de tempérer vos principes, de trouver un juste milieu.
Il n'y a pas d'âge pour poser des limites
Vous devez imposer des repères très tôt car la construction du psychisme se joue dès le plus jeune âge. D'après Claude Halmos, psychanalyste, vous pouvez dire au bébé qui pleure la nuit parce qu’il est loin de sa mère que ses parents sont un couple, qu’ils ont besoin de dormir et qu’il ne peut pas avoir sa maman pour lui tout seul. Le bébé le comprend très bien. De même, à partir de 2 ou 3 ans, un enfant est en mesure d’intégrer ce principe : "Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse". Et même à l’adolescence, il n'est pas trop tard pour donner des règles. L’ado a besoin de garde-fou car il ne mesure pas les dangers, mais aussi parce qu’il se construit dans l'opposition. Cadrez-le tout en permettant l’essor de sa personnalité, là est la difficulté.
Des règles universelles
Pour lui faire accepter les interdits, expliquez à votre enfant que ce sont les lois du monde et que vous ne les avez pas inventées. Il est important de lui expliquer le sens de ces règles, à quoi elles servent, car il doit comprendre qu’une loi peut aussi le protéger. Dites lui que les choses qu’il ne peut pas faire à la maison (comme frapper son petit frère) sont également punies par la loi à l’extérieur. Bien sûr, une fois que vous lui avez expliqué une fois ou deux, ne passez pas votre vie à vous justifier, optez pour le "c'est comme ça et pas autrement". Les réponses fermes et catégoriques sont utiles de temps à autre, elles rassurent l'enfant sur la capacité de ses parents à le protéger.
La punition, un passage obligé
Souvent difficile à appliquer, la punition est pourtant indispensable. Imaginez que lorsque vous brûlez un feu rouge, le gendarme se contente de vous dire "ce n’est pas bien". Vous recommenceriez ! La sanction est donc nécessaire, les mots n’ont de sens que s’ils sont validés par des actes. Cela fait prendre conscience à votre enfant que ce qu'il a fait est grave. Pour la forme de la punition, chaque parent est libre de faire comme il le sent : envoyer l'enfant dans sa chambre, le priver de dessert...
Stop à la culpabilité !
Non, vous n'êtes pas une mauvaise mère parce que vous ne répondez pas au moindre de ses désirs. Fixer des règles, ce n'est pas brimer et réprimer son enfant, c'est lui apporter protection et sécurité, c'est le préparer à vivre dans la société. A partir du moment où vous aurez compris que l’imposition de limites est vitale pour la construction de l’enfant, vous ne culpabiliserez plus. Car vous êtes dans la légitimité. Punir le petit dernier parce qu'il fait bêtise sur bêtise n'est pas un abus d'autorité. Répétez-vous que vous agissez pour son bien.
L'internaute mag
lundi 31 mars 2008
Autorité. Entretien Claude Halmos.doc
«L'autorité est une nécessité absolue pour l'enfant»,
par Claude Halmos
Perdus entre le désir d'être de «bons parents» et la nécessité d'imposer des règles, certains adultes ne savent plus comment résoudre l'équation de la bonne éducation. Dans «L'autorité expliquée aux parents», un livre d'entretiens très concret, la psychanalyste Claude Halmos démontre le bien-fondé de l'autorité et donne les clés pour la faire rimer avec amour et respect de l'enfant. Interview
C'est encore pire depuis que l'on a donné une si mauvaise image de l'autorité parentale, en la réduisant à une agression et à une prise de pouvoir arbitraire sur l'enfant. Or l'autorité n'est pas un choix, mais une nécessité pour la construction de l'enfant, tient à rétablir la psychanalyste spécialiste de l'enfance Claude Halmos. Dans «L'autorité expliquée aux parents», un livre d'entretiens menés par Hélène Mathieu, directrice de Psychologies Magazine, elle tente de remettre les pendules à l'heure, tout en rassurant les parents: oui, il est possible d'aimer avec autorité. C'est d'ailleurs la seule façon d'aimer adéquatement un enfant. Explications de Claude Halmos.
Face aux excès de l'enfant-roi, vous prônez un retour à l'autorité parentale. A-t-on été trop loin dans le laxisme?
On a abusé de ce terme d'enfant-roi, je ne crois pas qu'on ait été dans le laxisme, mais il y a eu un malentendu. Les parents ont peur de l'autorité parce qu'ils en ont une idée fausse, ils ont l'impression que ça ne pourrait être que ce qu'elle fut autrefois: cette volonté de soumettre les enfants à son pouvoir d'adulte. On a aussi mal lu Françoise Dolto. Si elle a prôné que l'enfant était un être à respecter, elle a aussi dit que cet être en construction avait besoin de l'autorité des adultes. Du coup, entre l'autorité qui fait peur et l'idée qu'il faut respecter l'enfant, les parents sont perdus.
Les parents ont souvent peur d'être de «mauvais parents», «injustes» ou «trop sévères». Comment les déculpabiliser?
Il ne s'agit pas de les déculpabiliser, il s'agit de leur dire que l'autorité n'est pas un choix idéologique, mais une nécessité absolument pour la construction de l'enfant. L'enfant, au début de sa vie, est un petit sauvage qui fait que ce qu'il a envie de faire, et c'est normal. Pour qu'il devienne un être capable de vivre avec les autres, il est nécessaire de changer ce fonctionnement initial.
Souvent les parents cèdent par gain de paix. Pourquoi est-ce que les enfants n'obéissent-ils pas tout de suite?
Parce qu'ils n'en voient pas l'intérêt. L'enfant ne comprend pas pourquoi il devrait changer un comportement qui lui procure du plaisir. «Le petit camion du petit copain est très beau; ce camion j'ai envie de l'avoir, donc je le prends et je fais tomber le petit copain pour qu'il ne puisse pas me courir après.» Pour l'enfant, c'est logique. D'où la nécessité de lui expliquer clairement pourquoi il ne peut pas continuer ce fonctionnement-là.
Certains parents vivent le fait de punir comme un échec. Vous dites que le conflit est inévitable?
Il est inévitable dans un premier temps, tant que l'enfant n'a pas compris l'utilité de la règle, et que c'est comme ça pour tout le monde. Que son papa ne peut pas non plus aller piquer la voiture du voisin, sinon il finit en prison. Ensuite, l'enfant voit aussi rapidement son intérêt. Un enfant qui se conduit normalement au square a des copains pour jouer avec lui. Un enfant qui agit comme une terreur est mis à l'écart par les autres. Il est le roi du monde, mais il est tout seul. Et ça, l'enfant le comprend assez vite.
L'autorité parentale a-t-elle des limites?
Les limites de l'autorité parentale sont par rapport à ce qui est demandé. On n'est jamais injuste quand on demande ce que n'importe quel parent demanderait dans la même situation. Demander à un enfant de mettre un imperméable parce qu'il pleut, c'est absolument normal. Lui imposer de mettre des imperméables vert pomme parce qu'on adore cette couleur, c'est de l'injustice. La limite est là.
Qu'en est-il de la négociation?
On peut négocier sur l'heure de rentrée d'un adolescent, ou accepter que l'enfant finisse un jeu avant de faire ses devoirs. Ça, c'est des aménagements. Par contre, sur les interdits essentiels, on ne négocie pas. Y a pas un flic au feu rouge qui va vous demander si vous seriez éventuellement d'accord pour vous arrêter! La vie ne serait pas possible ainsi. Et il faut aussi se rappeler que c'est toujours au travers de petites choses que se joue la transgression des grands interdits. Un enfant qui ne veut pas aller se coucher est un enfant qui n'a pas compris qu'il n'a pas sa place dans le couple d'amoureux que forment ses parents.
Y a-t-il des bonnes et des mauvaises punitions?
La punition, c'est à chaque parent de l'inventer, en fonction de l'enfant, de son âge, de ce qui vient de se passer. Elle est indispensable pour que l'enfant comprenne l'interdit. S'il le transgresse une première fois, un rappel à l'ordre peut suffire. En revanche, s'il persiste, la sanction est indispensable. Elle ne doit toutefois pas être humiliante, et rester proportionnelle à la faute.
La fessée et la gifle ont-elles toujours leur place dans la relation parents-enfants?
On ne peut pas poser les choses ainsi. La fessée ou la claque en soi n'existe pas, c'est toujours un geste particulier dans un contexte particulier. On ne peut pas dire que c'est une méthode d'éducation parce que ce n'en est pas une: ce n'est pas une punition banale. Mais on ne peut pas non plus la diaboliser en décrétant qu'un parent qui a donné une fessée, alors qu'il n'en donne pas d'habitude et que l'enfant a vraiment été trop loin, est un parent maltraitant. Il faut aussi laisser la place au bon sens.
Anne-Sylvie Sprenger - 01/03/2008
Le Matin Dimanche
mardi 4 mars 2008
Pour le bien des enfants, ne cédons pas à tous leurs désirs
Les parents des enfants gâtés sont-ils démissionnaires, laxistes, absents ou tout simplement dépassés ? On vous dit tout sur le phénomène des « enfants rois » de plus en plus fréquent au sein des familles et sur ses ravages et ses incidences sur le comportement de l'enfant. Vous déjeunez avec votre amie, vous essayez de discuter malgré les cris stridents de ses enfants âgés d’à peine 4 et 7 ans. Vous ne les supportez plus, mais vous prenez sur vous car après tout ce ne sont que des enfants et ceux de votre amie de surcroît ! Oui mais quels enfants, des petits diables qui n’ont qu’une ambition, gâcher votre déjeuner ! Leurs visages se déforment tant ils hurlent, exigent, boudent, pleurent, insultent, et maltraitent leur entourage jusqu’ à ce qu’ils obtiennent ce qu’ils veulent. Leur vie ne se résume qu’à un caprice géant. Et ce qui vous énerve le plus c’est que votre amie a l’air de trouver tout a fait normal le fait que ces enfants dérangent tout le restaurant et manquent de respect à tout le monde. Comment en est elle arrivée là ?
Tout d’abord il est important de faire la nuance entre un enfant capricieux et un enfant gâté. Tous les enfants vont essayer d’obtenir ce qu’ils veulent à l’aide d’un caprice et c’est tout à fait normal, mais selon leur environnement familial et la réaction de leurs parents cela va s’atténuer ou alors s’aggraver au fil des années. Dans la société moderne, on a tendance à considérer les enfants comme des « petits rois ». Les parents pensent que pour qu’un enfant soit heureux il est indispensable de le couvrir de cadeaux, de céder à tous ses caprices et le tour est joué ! Malheureusement ils se trompent, projettent sur l’enfant ce qu’ils n’ont pas eu durant leur enfance et en oublient les principes fondamentaux de l’éducation. Conséquence : leurs enfants sont insupportables, mal éduqués, et pas forcément très heureux. Il veut tout et tout de suite, n’est jamais satisfait, considère les adultes comme ses jouets et manque de respect à tout le monde. Dans les endroits publics on entend que lui, il pleure ensuite il boude, et vice versa. Ses parents essaient de le raisonner en lui chuchotant d’une voix tremblotante de se taire comme s’ils craignaient que leur bambin de six ans ne les agresse. Celui-ci n’en fait rien, conscient que ses parents lui céderont comme toujours. Deux minutes sont passées à peine qu’ils capitulent déjà ! Il commande donc sa troisième crêpe dessert profiterole, dont il mangera la moitié avec les mains et à peine vingt minutes seront écoulées qu’il sera déjà en train de se plaindre de maux d’estomac qui cette fois ne seront pas simulés. Voilà c’est une journée ordinaire dans la vie de ces familles ou l’enfant règne tel un dieu face auquel ses disciples se prosternent à longueur de journée.
Profil de ces familles où les enfants règnent en roi
Nous avons toujours eu tendance à penser que les enfants gâtés sont forcément des enfants uniques mais ce n’est pas le cas. Le phénomène d’enfants rois concerne aussi les familles nombreuses ayant plusieurs enfants. L’on retrouve en général les enfants rois dans les familles dont les parents ne sont pas toujours disponibles car ils travaillent beaucoup ou partent souvent en voyage et compensent donc leur absence en ne refusant rien à leurs enfants. Il faut savoir qu’il est impératif que les parents soient présents auprès de leur enfants entre 12 mois et 4 ans car c’est à cet âge là que tout se joue et qu’ils pourront apprendre à l’enfant à se fixer des limites qui lui serviront tout au long de sa vie en tant qu’individu. En général lorsque les parents s’absentent ce sont avec les grands-mères ou les « nounous » qu’ils passent le plus de temps. Elles les nourrissent, les habillent, et les emmènent à l’école. Elles jouent donc un rôle déterminant dans leur éducation. Elles ont tendance à assouvir tous leurs caprices des enfants et deviennent des mères de substitution. Donc au retour de ses parents l’enfant ne comprendra pas pourquoi ils s’opposent alors que durant la journée il n’aura eu aucune contradiction de la part de ses mères de substitution. Ou alors les parents sont épuisés, ils travaillent trop et devant la confrontation ils capitulent et deviennent sans s’en rendre compte des collaborateurs en quelque sorte car ils achètent une paix précaire au prix de renoncements successifs. Autre cas de figure : lorsque les parents n’ont pas été gâtés durant leur enfance et que cela les a beaucoup affectés. Pour ne pas reproduire la même chose avec leur progéniture ils font donc l’inverse mais dans l’excès. Attention, un excès de permissivité et donc de manque d’encadrement nuira à l’épanouissement personnel de votre enfant.
Il existe deux catégories d’enfants roi : Les enfants rois dominateurs et les enfants rois anxieux.
Le dominateur représente l’enfant gâté pourri dans toute sa splendeur. Impulsif, rebelle à toute forme d’autorité quelle qu’elle soit, il n’a aucun sens de la discipline et de l’effort. Il exploite à son profit la totalité de l’espace éducatif ainsi que les largesses éducatives fournies par la trop grande permissivité de ses parents. Il se comporte comme il en a envie sans se soucier de ce que l’on pourrait penser, au gré de ses désirs et de ses caprices qu’il confond aisément avec ses besoins. A l’école c’est celui qui en général fait pleurer les autres enfants de sa classe, est moqueur et dérape très vite. Puis il y a une autre sorte d’enfant roi, l’anxieux qui est beaucoup plus sympathique que l’enfant roi dominateur. Contrairement à ce dernier, l’enfant roi anxieux n’est pas impulsif, il est fragile, malheureux et montre de fortes tendances à l’anxiété et à l’angoisse. Il ressent un besoin vital d’être encadré et souffre du laxisme de ses parents. Ne pouvant s’appuyer sur aucune référence qui pourrait lui servir en quelque sorte de balise et de guide pour encadrer sa conduite et soutenir son processus décisionnel il évolue dans une espèce de vide existentiel. Il est sans cesse dans une recherche d’amour, d’affection, de sécurité. Comment ne pas trop gâter votre enfant ? Quoi de plus normal que de vouloir « gâter » son enfant en lui offrant tout ce qu’il désire ? Seulement vous ne savez pas comment le gâter sans forcément être excessif et vous redoutez qu’à cause de vous, il devienne un éternel insatisfait ou un blasé qui ne saura pas apprécier la valeur des choses. Les fêtes de Noël, les anniversaires sont autant d’occasions de gâter nos enfants.
Comment faire pour leur faire plaisir sans les pourrir ? Suivez ces conseils afin de lui résister sans pour autant dissiper la magie de ces fêtes. Vous devrez lui montrer que ses désirs ne sont pas des ordres et qu’il ne peut pas toujours avoir ce qu’il veut. S’il fantasme sur un jouet vanté dans un spot publicitaire ou par ses amis, allez le tester dans le magasin avec lui afin qu’il découvre ses limites ou se rende compte qu’il a déjà le même à la maison. S’il a envie de quelque chose, vous pouvez le lui offrir, mais avant assurez vous que s’il a envie de ce train électrique ce n’est pas seulement parce que son meilleur ami a le même. Refusez quand il vous semble que lui-même n’est pas vraiment convaincu qu’il veut ce jouet et que c’est juste pour assouvir un besoin immédiat. En dehors des fêtes ou de son anniversaire vous pouvez lui offrir des cadeaux mais toujours en lui expliquant pourquoi vous le faites (bonnes notes à l’école, bonne conduite...) et pas parce qu’il fait un caprice. A proscrire : l’achat systématique d’un cadeau, d’une friandise ou autre lorsque vous faites vos courses avec l’enfant. Il est bon d’informer l’enfant avant même d’entrer dans le magasin que vous n’avez pas l’intention de lui acheter quoi que ce soit et que vous êtes venu uniquement pour faire les courses alimentaires pour la maison. Évidemment, même si vous avez envie de craquer, tenez votre promesse et ne cédez pas !
Comment faire face aux caprices de votre enfant ?
Pour que votre charmant bambin ne se transforme pas en total despote vous devrez respecter certaines règles primordiales. Tout d’abord vous devrez être le plus présent possible en tant que parents et ne confier son éducation à personne d’autre car c’est en quelques jours que tout votre travail pour lui inculquer certaines valeurs et certaines limites se verra peut être anéanti. Ensuite vous pourrez le gâter à votre façon sans pour autant aller dans l’extrême. Si vous vous êtes laissé aller et que vous avez eu tendance ces derniers temps à toujours céder, il n’est pas trop tard pour redresser la barre. Mais avant, il faudra que les deux parents soient d’accord pour que cela fonctionne. A chaque fois qu’il fera un caprice et que vous refuserez, il vous faudra dialoguer afin de lui expliquer pourquoi ce n’est pas possible. Si votre enfant à moins de trois ans, vous devez savoir que ses désirs et ses émotions le dominent. Il est donc inutile de vouloir le raisonner, il vous faudra ruser. Proposez lui une activité, surprenez le en faisant des grimaces ou imitez le, inventez un jeu ou une histoire afin de désamorcer le caprice naissant (ex : le bonbon veut rester avec ses amis dans la boite), passez un contrat, ou tout simplement laissez le passer sa colère si vous vous en sentez capable. Après 3 ans vous pouvez avoir recours au langage et leur expliquer mais sans vous justifier. Faites le parler afin de savoir pourquoi il désire tant ce camion, restez calme, accédez à sa demande quand c’est faisable, dites non fermement, soyez cohérents et ne vous laissez pas déstabiliser.
http://www.enfants-ados.com
Poser des Limites à l'Enfant
L'absence de limite est toujours une source d'angoisse. Un enfant qui ne se voit pas définir des limites claires se trouve fort démuni. Il a besoin de savoir ce qu'il a le droit de faire et ce qu'il ne peut pas faire. Poser des interdits lui donne des balises qui le rassurent . L'enfant a besoin d'un cadre qui va l'aider à grandir. Certes, ce cadre évolue avec l'âge de l'enfant. Il convient d'adapter les interdits avec le degré d'autonomie qu'il a atteint. Ainsi les interdits de la petite enfance : ne pas descendre l'escalier, ne pas sortir dans la rue tout seul, ne pas allumer la télé seront progressivement levés. D'autres leur succéderont : ne pas faire du vélo sur une route jugée trop dangereuse, ne pas rentrer d'une visite chez un copain après une certaine heure, ne pas regarder la télé avant d'avoir fait ses devoirs. Mais les règles posées seront d'autant plus rassurantes qu'elles feront preuve de stabilité. Les décisions doivent être maintenues pendant une certaine durée et les deux parents doivent s'accorder sur ces limites. Si les règles changent trop souvent ou sont appliquées de façon aléatoire, l'enfant vit alors une insécurité affective qui va l'angoisser et le priver des bienfaits de l'anticipation. Comment prévoir les conséquences de ses actes si les règles changent en permanence ou ne sont pas respectées ? L'absence de limites expose l'enfant à une illusion dangereuse : celle de sa toute puissance. Si les parents ne mettent pas un frein aux débordements de l'enfant, c'est la vie qui s'en chargera et le choc risque d'être rude. L'autorité sert à comprendre à l'enfant qu'il n'est pas tout seul sur ce monde et qu'il y a des règles valables pour tous. Pour autant, il est bon de préciser que l'établissement des normes en vigueur dans une famille doit toujours s'élaborer sur le mode de la négociation, les limites relatives à la sécurité de l'enfant notamment. La règle doit être annoncée de manière explicite et doit être conforme aux valeurs fondamentales : respect d'autrui, respect de la personne de l'enfant. La négociation avec l'enfant a pour but de lui faire comprendre que la loi émise n'est pas soumise à l'arbitraire de l'adulte mais qu'elle tire sa justification de lois universelles. qui sont le fondement de notre civilisation.
Sources : "Pour une nouvelle autorité des parents",
Sophie GUILLOU, éditions Milan, 1999.
http://pagesperso-orange.fr/genevieve.cavaye/
L'enfant tornade
L'enfant tornade
Mais qu’est ce que L’hyperactivité?
Les causes de l’hyperactivité
Les comportements de l’enfant hyperactif
Qu’est ce que vit l’enfant hyperactif?
Les interventions à adopter avec les enfants hyperactifs:
http://www.angelfire.com/emo/aumajoma/
lundi 3 mars 2008
Il conteste sans arrêt votre autorité.doc
Pour les parents, la contestation des adolescents au quotidien n’est pas toujours facile à vivre mais elle est indispensable à l’adulte qu’il est en train de devenir.
de 12 ans à 18 ans
Si le conflit s’installe entre votre enfant et vous, sachez tout d’abord que vous n’êtes pas forcément responsable de cette dégradation des rapports. Entre 12 et 18 ans, l’adolescent traverse en effet une période difficile, durant laquelle il a besoin de trouver sa place, de se différencier, bref de construire l’adulte qu’il sera demain.
S’opposer à vous est une étape inévitable et constructrice C’est une première façon pour lui de se démarquer du contexte social dans lequel il a évolué jusqu’à présent. C’est pour cette raison qu’il va commencer à refuser que vous veniez le chercher à l’école, pour ne surtout pas montrer aux copains...
Qu’il n’acceptera pas non plus toutes les règles que vous allez lui imposer, préférant suivre d’autres schémas appris à l’extérieur, qu’il aura, cette fois, le sentiment d’avoir choisi. C’est aussi une façon d’attirer l’attention : ce qui caractérise aussi l’adolescent, c’est sa difficulté à communiquer. Contester sans cesse vos décisions ou vos points de vue peut également se transformer en signal d’appel. Peut-être a t-il quelque chose à vous dire, mais il ne trouve pas les mots ou le bon moment pour le faire. Vous contrer peut alors devenir un moyen pour lui de vous montrer qu’il existe et qu’il a lui aussi, des goûts ou des opinions différents des vôtres. C’est peut-être le seul moyen qu’il ait trouvé pour que vous commenciez à le considérer comme un individu à part entière.
Que faire ? Discuter, dialoguer, mais ne lui laissez jamais s’imaginer qu’il a « gagné » le combat mais gardez plutôt une ligne éducative cohérente et fidèle à vous-même.
- Amorcer le dialogue Dès qu’il y a problème, il est très difficile pour un adolescent de faire le premier pas. Pas encore adulte, il a souvent peur de ne pas pouvoir assumer les conséquences de cet acte. N’attendez pas qu’il vienne vers vous. Essayez plutôt d’instaurer un dialogue en lui proposant de tenter de comprendre avec lui la source de vos problèmes et d’en trouver les solutions. Il ne pourra pas vous en vouloir de lui avoir tendu la main car n’oubliez pas qu’un adolescent est souvent en détresse et qu’il a de multiples occasions, selon lui, de vivre des injustices au quotidien.
- S’imposer mutuellement des espaces de négociations L’adolescent, tout comme le jeune enfant, a besoin d’une certaine structure, de limites afin de se construire une identité. Si le dialogue est fondamental dans toute relation humaine, il peut parfois se retourner contre vous. Il ne s’agit pas ici de lui demander son avis sur tout. Si, par exemple, vous instaurez des règles strictes quant aux respect des horaires au sein du foyer, ou si vous pensez qu’une de ses fréquentations n’est pas bonne pour lui, pas question de négocier. Si vous jugez que vous avez raison, même s’il n’est pas d’accord, essayez de rester ferme sur votre décision. En revanche, il y a, bien entendu, des points sur lesquels vous pouvez relativiser les choses : s’il vous demande par exemple un sursis d’une heure pour une sortie, vous pouvez toujours en discuter avec lui et si ses arguments sont valables, accepter.
- Le responsabiliser Un enfant, en règle générale rejette en bloc toute forme d’autorité arbitraire. Il y a donc un bon moyen de lui faire accepter certaines de vos décisions : lui expliquer votre point de vue mais aussi le responsabiliser par rapport à votre propre personne. Par le dialogue, il faut toujours tenter de lui faire prendre conscience des raisons qui vous amènent à avoir des exigences : c’est une façon simple de l’impliquer et donc de le responsabiliser.
- Avoir toujours le dernier mot, sans pour autant être arbitraire Une négociation réussie est une négociation où vous aurez réussi à avoir le dernier mot. Il en va de l’équilibre de l’adolescent car il est fondamental que ce dernier ait des repères et qu’il prenne bien conscience que les parents, c’est vous. Ne lui laissez jamais s’imaginer qu’il a « gagné » le combat mais gardez plutôt une ligne éducative cohérente et fidèle à vous-même. Ainsi, lorsqu’il aura besoin d’être épaulé, c’est tout naturellement qu’il se tournera vers vous.
Une bonne astuce : faire intervenir un tiers Si malgré tout, vous n’arrivez vraiment pas à instaurer un dialogue avec votre adolescent, pensez à faire intervenir discrètement un médiateur. Les amis, les membres de la famille, proche ou éloignée, peuvent parfois désamorcer une situation de crise. S’il a de bons rapports avec l’un de ses grands-parents, s’il a l’habitude de se confier à un frère ou une soeur aîné, n’hésitez pas à les solliciter pour tenter de faire passer votre message.
Angela Portella
Zelius.com