vendredi 3 octobre 2008
Le baby blues
Un gros coup de déprime
C'est en fait le passage psychique décalé par rapport à l'accouchement physique, c'est donc un état "normal" bien qu'anxiogène. Les sages-femmes le connaissent bien, et il peut être aussi déclenché selon chaque femme par la notion de "ventre vide" (la fin de la complétude ou fusion) l'enfant réel différent de l'enfant imaginaire, l'ictère du bébé, la fatigue du manque de sommeil, ou l'ingérence des visites. Celles-ci viennent s'immiscer dans cette délicate relation nouvelle-née où la mère fait son apprentissage. Les ingérences de toutes sortes bloquent dans certains cas, l'accès à "l'instinct" permettant les gestes justes et la réponse positive au questionnement : "Suis-je capable d'être mère ?" Cet état dépressif transitoire peut durer 24 heures et nous avons toujours su le gérer en rassurant les mères et en leur permettant une grande nuit de sommeil réparateur… Qu'en est-il des sorties précoces ? Arrivent-elles au bout de leur baby blues ?… Celui-ci peut d'ailleurs réapparaître de façon transitoire au cours du 1er mois. Le grand étonnement des sages-femmes travaillant en PG est l'absence de baby-blues. Je l'avais moi aussi constaté. Les femmes faisant leur passage psychique (l'attachement au bébé) avant l'accouchement n'ont pas à le faire après !… Il s'agirait donc bien de cela. Rappelons-nous les confidences de nos accouchées en " baby-blues " : "Je n'arrive pas à réaliser… qu'il est à moi ?…". C'est souvent cet état, si douloureux qu'il soit qui permet à celles qui n'ont pas fait leur passage, l'intégration de leur nouvelle fonction.
Le déroulement
Le baby-blues n'est pas une fatalité, et le vécu du post-partum se fait différemment suivant les femmes. Beaucoup le vivent sans aucune perturbation. Certaines sont plus ou moins perturbées.
Dans les tout premiers jours après la naissance, la maman fait connaissance avec son bébé et devient vraiment mère.
Le premier jour, elle est euphorique et ne cesse de contempler son nouveau-né, elle fait connaissance avec lui et “l’adopte”.
Par contre, dans la période allant du deuxième au quatrième jour, la jeune mère est souvent plus triste, c’est la phase du baby-blues. Son bébé lui semble si fragile, si dépendant, qu’elle craint de ne pas être à la hauteur de la tâche qui l’attend, de ne pas être une bonne mère. De plus, elle est alors plus vulnérable, hypersensible, ce qui renforce ces émotions contradictoires, la joie et la crainte. Il s’agit d’une dépression passagère touchant beaucoup de jeunes mamans, qu’elles aient ou non déjà d’autres enfants.
La fatigue de la grossesse et de l’accouchement, les émotions vives liées à ce grand événement qu’est la naissance, la montée de lait, le bouleversement hormonal, ... sont autant de facteurs qui rendent la jeune maman plus sensible.
Symptômes
Les signes de la dépression sont variables d'un individu à l'autre. Généralement, le baby-blues se caractérise par de la tristesse, une envie constante de pleurer, des idées noires. Ces symptômes s'installent peu à peu, avant même le départ de la maternité. Parfois, le baby-blues démarre un mois après la naissance. Sa durée est plus ou moins importante, allant de quelques jours jusqu'à quelques semaines.
blog.gardes-enfants.com
L'intelligence des bébés : un territoire en cours d’exploration
Comment mesure-t-on l’intelligence des bébés ? Tous les stades de leur évolution sont-ils également connus ? Dans son dernier ouvrage, Comprendre l’intelligence des bébés en 40 questions, Roger Lécuyer, professeur de psychologie du développement à Paris V, présente un bilan synthétique des principales connaissances actuelles relatives aux activités cognitives du nourrisson, et leur intérêt pour comprendre le développement de l’intelligence de l’enfant puis de l’adulte.
Depuis quand les chercheurs s'intéressent-ils réellement à l'intelligence des bébés?
Les chercheurs s'intéressent précisément à l'intelligence des bébés depuis la parution d'un ouvrage de Piaget, La naissance de l'intelligence chez l'enfant, en 1936. À cette époque, on commençait à étudier le bébé, mais Piaget a été le premier à l'étudier sous l'angle de l'intelligence, en supposant l'existence d'une intelligence chez le bébé qui ne parle pas. Avant lui, on pensait que l'intelligence était liée au langage. Pour étudier les capacités intellectuelles des bébés, vous avez principalement recours à la méthode de l'habituation. En quoi consiste cette méthode?
Le principe de l'habituation est extrêmement simple : quand un être vivant ou n’importe quel animal est en présence d'une stimulation visuelle, auditive ou olfactive, il va petit à petit se détourner de cette stimulation. Considérons le bébé : dans un premier tempsil va regarder ce qu'on lui présente (objet, image, personne...) puis, progressivement, il va s'en désintéresser. Si on lui présente quelque chose de nouveau, il va avoir un regain d'attention. Il peut ensuite y avoir des variantes dans la méthode, car le bébé peut réagir non seulement à la nouveauté mais aussi à quelque chose qui est étrange ou anormal.
Existe-t-il d'autres méthodes de recherche?
Environ 90% de nos connaissances sur les bébés sont basées sur cette méthode de l'habituation. Les autres méthodes sont le conditionnement et la méthode de succion de haute amplitude, qui combine conditionnement et habituation. Dans cette dernière méthode, on met une tétine dans la bouche du bébé et on mesure son amplitude de succion. À chaque fois qu'il dépasse son amplitude moyenne, on lui envoie une stimulation et on constate alors qu'il augmente sa succion. On peut donc jouer là-dessus pour faire apparaître des stimuli différents. C'est une méthode qu'on utilise surtout chez les nouveau-nés, mais peu avec les bébés plus grands. Parallèlement, il y a aussi les méthodes d'observation, mais on obtient toujours moins d'informations par l'observation que par l'expérimentation. Qu'entend-on exactement par "intelligence" des bébés?
Pour moi, l'intelligence des bébés, ou l'intelligence des adultes, consiste en une fonction d’organisation des connaissances. On peut donc parler d'intelligence à partir du moment où on constate des formes d'organisation.
La forme la plus élémentaire de l'organisation des connaissances, c'est la discrimination : "ceci est différent de cela". Cette première forme existe chez le fœtus, qui peut différencier un son d'un autre son. Cela constitue déjà une forme d'organisation des connaissances, donc un premier niveau d'intelligence. À 3 mois, les bébés sont capables de faire des catégories, c'est un deuxième niveau d'organisation des connaissances. Et puis ensuite, les connaissances se compliquent, le langage intervient et, progressivement, l'intelligence continue à se développer.
Cette intelligence est-elle mesurable?
Selon moi, l'intelligence n'est pas mesurable, car l'intelligence n'est pas une capacité, mais une fonction. Il n'y a pas d'intelligence indépendamment des connaissances. Or, toute l'histoire de la mesure de l'intelligence consiste à essayer de mesurer l'intelligence indépendamment des connaissances. Cette démarche n'a donc pas de sens.
Par ailleurs, si nous entrons dans la problématique des gens qui mesurent l'intelligence par des tests de QI, il existe chez le bébé l'équivalent des tests de QI, lesbaby tests, par exemple le Brunet-Lézine. Mais il s'avère qu'aucun de ces tests n'est prédictif, cela signifie que si on fait passer un test de QI à un enfant de 10 ans, son résultat prédit relativement bien sa performance – ce que certains appellent son intelligence – à 20 ans. En revanche, si on fait passer un test à un enfant de 1 an, ça ne prédit rien de ses performances futures.
En matière d’"intelligence" des bébés, quels sont les sujets sur lesquels la recherche a le plus avancé ?
Ces 20 dernières années, les connaissances ont principalement progressé dans le domaine de la perception du monde physique – tout ce qui concerne la manière dont les bébés perçoivent l'espace et les objets.
Depuis environ 5 ans, les chercheurs et spécialistes des bébés s'intéressent à tout ce qui touche au monde des personnes. Jusqu'à une époque récente, on savait très peu de choses dans ce domaine, mais les connaissances sont en train de progresser très rapidement. La connaissance des autres, la communication, la connaissance de soi..., sont dorénavant des thèmes qui sont au cœur de l'actualité dans la recherche sur les bébés.
D'autres domaines de recherche sont encore aujourd'hui au stade des balbutiements, en particulier la connaissance du cerveau. Actuellement, les recherches en électroencéphalographie se développent. Mais pour des raisons éthiques, on ne peut pas faire d’imagerie cérébrale avec un bébé sain, donc on en fait sur des bébés qui ont des gros problèmes et une prescription médicale. C’est-à-dire très peu de bébés.
À l'opposé, quels sont les sujets qui restent les plus mystérieux pour les chercheurs ?
Le sujet le plus mystérieux reste le cerveau des bébés, malgré les premiers pas de la recherche dans ce domaine. Du point de vue de la psychologie de l'adulte et même de l'enfant, c'est un secteur que l'on connaît bien, mais on sait très peu de chose sur les bébés.
Par ailleurs, si le monde social du bébé est au cœur de l'actualité, il reste aussi très mystérieux. C’est un domaine de recherche en plein développement, et on a encore beaucoup à apprendre à propos de la relation des bébés aux autres.
En revanche, dans les domaines que l'on étudie depuis 30 ou 40 ans comme la perception et l'aspect sensoriel, ou depuis 20 ans comme le monde des objets, les connaissances sont beaucoup plus avancées.
En tant que chercheur étudiez-vous les bébés à tous les âges?
Dans mon activité de recherche, j'étudie les bébés de 3 à 5 mois, comme la plupart des autres chercheurs. Car, la méthode de l'habituation utilisée, qui consiste à présenter des situations ou des objets aux bébés, fonctionne essentiellement avec les bébés âgés de 3 à 5 mois. À moins de 3 mois, les bébés ont du mal à tenir leur tête, et souvent, après 6 mois, ils n'ont plus envie de rester dans un siège à regarder des images. Il est donc beaucoup plus difficile d'expérimenter avec des bébés d'1 an par exemple. Nos connaissances sur les bébés de 1 à 2 ans sont donc moins bonnes que celles sur les bébés de 3 à 5 mois. Cependant, de plus en plus de chercheurs se lancent dans ce type d’expérimentations.
Avec les enfants plus grands, les expérimentations redeviennent possibles. Si on propose un jeu à un enfant de 2 ans et demi, 3 ans, il comprend et, en général, il accepte.
Existe-t-il des âges charnières dans le développement des bébés ?
On a longtemps pensé qu'il y avait des âges-clés dans le développement des bébésPiaget en particulier avait une théorie du développement basée sur la notion de stades.
Mais plus nos connaissances progressent, moins ces stades paraissent évidents. On peut même dire aujourd'hui qu'il existe des "non-âges-cléss". Par exemple, les moments où le bébé tient assis et qu'il libère ses mains, puis en vient à faire ses premiers pas et devient autonome, étaient considérés comme des étapes importantes. Or ces étapes ne paraissent plus aussi décisives qu’on l'a pensé, sans doute parce que les bébés ont déjà acquis beaucoup de connaissances à ces moments de leur développement.
Les bébés ou les nouveau-nés ont-ils des capacités particulières par rapport aux adultes ?
De la naissance jusqu'à 6 mois environ, les bébés sont capables de faire la distinction entre des sons de toutes les langues, alors que nous ne sommes capables de distinguer que des sons de notre langue ou de langues que nous connaissons. D'ailleurs, l'une des difficultés que rencontrent les adultes dans l'apprentissage d'une langue étrangère réside dans la distinction des sons. Jusqu'à 6 mois, le bébé babille en produisant des sons qui peuvent appartenir à toutes les langues, puis à partir de 6 mois, il commence à babiller dans sa langue. La capacité de distinguer les sons se perd donc avec l'apprentissage de la langue.
On peut aussi citer les travaux de recherche d'un collègue français travaillant en Angleterre, Pascalis. Il a montré que les nouveau-nés ont des capacités de discrimination de différents visages de singes et d'hommes, alors qu'à partir de 9 mois, les bébés peuvent toujours distinguer deux visages de femmes ou d'hommes, mais plus des visages de singes. Le bébé, en grandissant, perd donc cette capacité. Inversement, les très jeunes bébés singes sont capables de faire la distinction entre deux visages humains, puis après quelques mois, ils ne peuvent plus. Cette découverte modifie les connaissances que l'on avait sur la perception du visage humain par le bébé. On a beaucoup dit en effet que la reconnaissance du visage humain était innée chez les bébés, mais il semble bien qu'il existe une manière spécifique de traiter le visage par rapport à n'importe quel autre objet.
En dehors des besoins vitaux, quelles sont les conditions indispensables au bon développement des bébés?
Plusieurs conditions sont indispensables au développement des bébés : tout d'abord, l'affection, ensuite la communication — les bébés ont un grand besoin de communiquer avec leur environnement social —, puis aussi le jeu. Le bébé doit jouer avant même d'être capable de tenir un jouet. Dans la communication, il y a déjà un aspect jeu, mais le jeu avec les personnes est très important pour le développement des bébés et de leur intelligence.
Depuis 50 ans, l'environnement des bébés, la connaissance sur le développement des bébés et le comportement des parents vis-à-vis des bébés ont énormément évolué. Tout cela influe-t-il sur les capacités et l'intelligence des bébés ?
En abordant la question d'un point de vue théorique innéiste, il n'y a pas de raison pour que l'intelligence des bébés ait progressé, puisque a priori l'environnement n'influence pas le développement des bébés.
Si comme moi, on est plus empiriste et on pense que les bébés effectuent énormément d'apprentissages dans leur jeunesse, et que ces apprentissages dépendent des conditions dans lesquelles ils se trouvent, forcément leurs capacités ont évolué avec l'évolution de leur environnement. Mais nous n'avons quasiment pas de preuves directes de cette évolution, car il aurait fallu faire des observations précises sur les capacités intellectuelles des bébés d'il y a 50 ans. Or ces informations n'existent pas.
Cependant, des baby tests ont été faits il y a 50 ans pour mesurer non pas les capacités cognitives des bébés, mais les capacités sensori-motrices. En comparant les résultats de ces tests avec ceux des bébés d'aujourd'hui, on constate que du point de vue sensori-moteur, les performances des bébés de maintenant sont plus importantes qu'il y a 50 ans. En extrapolant, il y a toutes les raisons de penser que les bébés de maintenant sont plus intelligents que ceux d'il y a 50 ans.
En outre, la progression des performances des adultes et des enfants aux tests de QI depuis 50 ans a tendance à confirmer cette thèse. Les données de l'armée d'une part concernant des hommes adultes, et d'autre part, des enquêtes menées sur l'intelligence des enfants en âges scolaire en 1948 puis en 1988, montrent en effet que le QI des adultes et des enfants a progressé d'environ 20 points en France en 50 ans. Cette progression touche en particulier les catégories sociales dans lesquelles le QI était le plus bas, ce n'est donc pas une montée homogène.
Ce qui est vrai pour l'adulte et l'enfant a des chances d'être vrai pour le bébé, même si on n'en a pas les preuves directes, d'autant plus que l'environnement des bébés a certainement beaucoup plus changé que celui des enfants d’âge scolaire.
© DUNOD EDITEUR, 3 Juillet 2002
mardi 29 avril 2008
mardi 4 mars 2008
Psychologie du bébé.doc
Psychologie
du bébé : 100 petites expériences...
Nombre
d’idées reçues circulent sur le développement
psychologique des bébés – sur la façon
de leur parler, sur leurs capacités à comprendre ou à
percevoir le monde... Analyse et perspectives dans 100
petites expériences de psychologie pour mieux comprendre
votre bébé (Dunod, 2006), par Serge
Ciccotti, qui nous dévoile les découvertes les plus
surprenantes en la matière. Un ouvrage à la fois
scientifique et ludique à l’intention des parents, des
étudiants et des chercheurs en psychologie de l’enfant.
Quels
sont les derniers apports de la psychologie scientifique en matière
de développement du bébé ?
La science
progresse tous les jours et bon nombre de chercheurs spécialisés
en psychologie du nourrisson publient régulièrement
les résultats de leurs recherches les plus récentes
dans des revues scientifiques. On découvre de moins en moins
de mécanismes nouveaux, par contre on précise de plus
en plus les conditions dans lesquels ils s’appliquent. Par
exemple, on sait que la mère est attractive pour le bébé
mais celui-ci est-il davantage attiré par la voix ou par le
visage de sa maman ? On progresse également dans la
connaissance des différents âges auxquels apparaissent
ces compétences. On sait par exemple depuis peu qu’un
bébé de 5 mois sait compter jusqu'à 3 !
Les
chercheurs sont des gens très discrets et leurs publications
restent quelque peu confidentielles. De fait, en France, on connaît
très mal la psychologie scientifique. Malgré la
richesse de ses enseignements opérationnels, la psychologie
universitaire reste en effet encore peu connue du grand public.
Aussi le grand public a-t-il tendance à se forger une
certaine représentation du bébé à partir
d’un mélange de ce qu’il croit être la
psychologie et de ce que nous disaient nos grands-mères –
ce qui au demeurant n’est pas toujours faux, comme on peut le
voir dans mon livre ! Par ailleurs, un certain nombre de normes
sociales difficiles à transgresser font obstacle à la
vulgarisation de nouvelles connaissances. Par exemple, on a coutume
de dire que la beauté, c’est relatif, du moment que
l’on a la beauté du coeur. Il n’est pas
politiquement correct de dire que l’on est très
sensible à la beauté et pourtant, on peut lire dans
mon livre comment les chercheurs ont démontré qu’un
bébé de quelques heures préférait
regarder le visage d’une belle femme que celui d’une
femme plus ordinaire… Comment expliquez-vous la longévité
des idées reçues en matière de psychologie du
bébé ?
Ce n’est pas toujours facile, il
faut avoir l’envie, le temps et la curiosité d’aller
vérifier ce qu’en disent les véritables
spécialistes. Mon livre facilite cette démarche, car
chaque fiche s’appuie toujours sur une ou plusieurs
expériences publiées dans des revues scientifiques à
comité de lecture indépendant. Les sources sont donc
valides et le lecteur pourra s’y référer si
nécessaire.
Si mon but était de démonter les
idées reçues, il permet également de montrer
que, parfois, ce que nous ont transmis nos parents est parfois
juste. Un exemple ? Pendant quelques décennies, on
demandait aux parents de parler à leur bébé
comme à un adulte. En réalité, les recherches
montrent que c’est tout l’inverse qu’il faut
faire : le bébé apprendra à parler plus
rapidement si l’on utilise des phrases courtes, un rythme
lent, une accentuation des voyelles et une voix chantante, comme
l’on fait nos grands-mères pendant des siècles.
Mais
parfois nos grands-mères se trompaient. Une fiche du livre
porte ainsi sur l’évaluation des différentes
méthodes folkloriques utilisées pendant des siècles
pour deviner le sexe de son futur bébé. La conclusion
montre que ces méthodes sont de bien piètres moyens de
prophéties dans ce domaine...
J’ai également
consacré plusieurs fiches de mon livre aux comportements des
parents face aux bébés. C’est certainement le
chapitre le plus amusant, car nos comportements sont parfois
irrationnels. Certains chercheurs se sont ainsi intéressés
au fait que la maman ouvre sa bouche pendant qu’elle donne à
manger à son bébé... Les parents ont aussi des
compétences incroyables : on a pu démontrer que
la plupart des jeunes papas étaient capables, les yeux bandés
et le nez bouché, de reconnaître leurs nouveau-nés
simplement en leur touchant le dessus de la main. Les bébés
ont des compétences, mais aussi des préférences :
pouvez-vous en donner quelques exemples ?
Les bébés
ont des compétences (ils savent faire), mais vous avez
raison, ils ont aussi des préférences. Celles-ci sont
d’ailleurs relativement faciles à mettre en évidence
par l’expérimentation.
Les scientifiques utilisent
pour cela d’ingénieux systèmes (lumière
clignotante, tétine reliée à un ordinateur,
observation du temps de regard consacré à un objet).
Grâce à ces artifices, on a pu montrer que, même
si la maman chante faux, son bébé préférera
l’écouter lorsqu’elle lui chantera une berceuse
plutôt que d’entendre le dernier tube de la plus belle
voix du monde à la radio. Ou encore que les nouveau-nés
préfèrent les visages humains aux autres objets. Vous
insistez dans le livre sur le fait que le bébé est un
être qui observe, qui apprend et qui répond. Est-ce là
démonter l’idée du bébé
fusionnel ?
Voilà encore une idée non fondée,
celle qui consiste à dire que le bébé
« fusionne » avec sa mère. Le lien qui
va unir le bébé à ses parents se construit in
utero, puisque le bébé reconnaît déjà
la voix de sa mère dés la naissance. Mais ce n’est
pas un être qui fusionne avec sa mère comme l’ont
proféré des psychanalystes pendant des décennies.
Il
a déjà conscience de son corps propre. Une des
expériences révélées dans mon livre met
ainsi en évidence que le nouveau-né se comporte
différemment lorsque le doigt d’un adulte lui touche
les lèvres que quand c’est sa propre main qui touche
spontanément son visage. Dans la première situation,
le bébé ouvre la bouche, sort la langue et cherche à
téter bien davantage que quand il s’agit de sa propre
main. De très nombreuses autres expériences dans ce
domaine ont montré que dès la naissance, le nouveau-né
a déjà conscience de son corps propre et qu’il
fait très bien la différence avec celui d’un
autre. Oui, à la naissance, le bébé est capable
d’apprendre et même, dès les premières
heures de sa vie, d’imiter les expressions faciales de ses
parents ! Votre dernier chapitre est consacré au
développement psychologique du fœtus : comment
l’appréhender ?
On peut observer l’évolution
du comportement d’un bébé dans le ventre de sa
mère. On peut même interagir avec lui – avec
toutes les précautions d‘usage, bien entendu. On se
rend alors compte que dans le ventre de sa maman, le bébé
entend son environnement, se fabrique des préférences
gustatives mais aussi musicales et qu’il explore son propre
corps. Les chercheurs ont également réussi à
mettre en évidence que le tempérament du fœtus
(l’activité motrice) permet de pronostiquer certains
traits de personnalité dans la petite enfance... Peut-on
considérer la lecture de ce livre comme un guide pratique
pour les parents, avec des conseils pour « ne pas se
tromper » ?
Tout à fait ! Dans mon
livre, les parents peuvent découvrir comment voient les
bébés, à quel âge ils se reconnaissent
dans un miroir et sur une photo, si les bébés
préfèrent le lait maternel au lait industriel, s’ils
sont sensibles aux bonnes et mauvaises odeurs – et tout
cela, expériences à l’appui. De plus, les
parents pourront ajuster leurs comportements à partir des
déductions qu’ils auront faites des résultats de
toutes ces expériences. Par exemple, puisque les bébés
s’inspirent des émotions d’autrui, mieux vaut
éviter de faire des bonds de trois mètres devant une
araignée en leur présence ; de même, comme
les bébés sont très sensibles aux bruits de
fond, l’allumage constant de la télévision est à
proscrire. Les parents pourront également évaluer dans
quelle mesure ils doivent se montrer « disponibles »
pour leur bébé, question qui les angoisse souvent (en
faire trop ou pas assez ?). A quel public destinez-vous ce
livre ?
Ce livre s’adresse d’abord aux parents
soucieux d’en apprendre davantage sur leur bébé
afin de mieux communiquer avec lui. C’est la raison pour
laquelle le format du livre se prête volontiers à une
lecture facile. En effet, chacune des compétences est mise en
évidence dans une fiche d’une à deux feuilles.
Je commence par poser une question, je montre comment les chercheurs
ont réussi à y répondre grâce à
une expérience et je finis par une courte conclusion qui
donne un conseil aux parents.
Ce livre intéressera aussi
les étudiants dans le cadre des modules de psychologie de
l’enfant et du nourrisson, il constitue une synthèse
ludique des différentes recherches les plus récentes
dans ce domaine.
Plus généralement, mon objectif
est d’expliquer et, d’une certaine façon,
d’éduquer aussi les lecteurs à avoir un esprit
critique en leur apportant des informations valides, avec un souci
de vulgarisation qui ne doit pas trahir le travail des chercheurs.
©
DUNOD EDITEUR, 27 Avril 2006
Premiers mois de BB.doc
PREMIERS
MOIS DE BEBE
ALIMENTATION
Pendant
les premiers mois de sa vie, Bébé ne boit que du lait.
Cela satisfera parfaitement tous ses besoins. Le lait de vache, trop
riche et donc indigeste, ne lui convient pas et ne doit pas être
utilisé avant 9 mois si possible, voire 1 an. Les repas, au
nombre de 6 ou 7 à la sortie de maternité, passeront à
5, à 2 mois, et 4 à 4 mois.
Les
rythmes de Bébé
Au
début Bébé n'a pas de rythme et réclamera
aussi bien la nuit que le jour à des intervalles irréguliers.
Vous pouvez choisir de le nourrir à la demande, à
chaque fois qu'il réclame ou à heures fixes,
régulières, ce qui n'est pas toujours facile à
faire entendre à Bébé ! Il y a une solution
intermédiaire qui est plus confortable pour Maman et
supportable pour Bébé. Il s'agit de nourrir à la
demande en maintenant un rythme de base entre deux tétées,
c'est à dire un minimum de 2 h 30 et un maximum de 5 h. Petit
à petit, en lui expliquant, Bébé se régularisera
et allongera le temps entre les deux tétées de nuit.
Le
repas, un moment de plaisir partagé La durée du repas
se situe entre 15 et 30 minutes selon que Bébé est un
rapide ou non. Si Bébé mange trop vite, cela peut
augmenter les difficultés de digestion et les régurgitations.
Un
repas trop lent peut cependant fatiguer Bébé qui
s'endort avant la fin. Pour que le repas soit un moment de détente
et d'intense relation entre Maman et Bébé, il faut
qu'elle en prenne le temps et s'installe confortablement avec lui. Un
fauteuil droit avec accoudoir est un moyen utile pour adopter
facilement la bonne position, le coude, sur lequel la nuque de
l'enfant demi-assis est posée, reposant sur l'accoudoir.
Après
la tétée, Bébé est disponible pour un
temps de tête-à-tête ; il est calme et à
l'écoute de celui dans les bras de qui il se trouve.
Parler
de change, c'est dire changer les couches sales. Ce geste d'hygiène
pluri-quotidien a beaucoup évolué depuis la
généralisation des couches jetables qui simplifient
tellement la vie des mamans. Comme la toilette, c'est l'occasion
d'échanges tactiles de proximité qui vont favoriser la
relation de l'enfant à l'autre.
CHANGE
Soigner
le change pour le confort de Bébé
La
peau de Bébé est fine. Au niveau du siège, la
décomposition de l'urine et les selles peut provoquer des
irritations en restant au voisinage de la peau en permanence. Les
couches actuelles, ultra-absorbantes, n'éviteront pas
complètement la proximité de la peau et des excréments
surtout dans les plis. Prendre soin de la peau à chaque fois,
c'est une garantie presque sûre d'éviter les rougeurs ou
autres désagréments.
A
quelle fréquence changer les couches ?
Les
urines sont émises souvent mais en petites quantités.
Bébé n'ayant aucune maîtrise de ses sphincters,
et, ne recevant qu'une alimentation liquide, il évacuera sa
vessie régulièrement. Les selles, elles, sont émises
de façon réflexe, à chaque fois qu'il tète.
Leur nombre diminuera au fur et à mesure que l'alimentation se
fera plus solide. Faut-il changer Bébé avant ou après
le biberon ? Certains bébés préfèrent ne
pas être bousculés après le repas, parce qu'ils
régurgitent par exemple ; laissez-leur faire un rôt et
s'endormir tranquillement ! D'autres se réveillent doucement
et une petite stimulation les met en train pour le repas. Ils seront
changés avant. Ceux qui sont si pressés que rien ne
peut les faire patienter seront plutôt changés après
le biberon.
Comment
nettoyer les fesses de Bébé ?
Si
l'on dispose d'un lavabo, de l'eau et le Gel Lavant Douceur NIVEA
Baby conviennent très bien pour nettoyer la peau du siège.
Vous pouvez aussi utiliser une émulsion légèrement
grasse telle que le Lait Hydratant pour la Toilette ou les Lingettes
Crème Douceur pour le Change NIVEA Baby, qui allient douceur
du geste et efficacité.
Ces
produits sont conçus spécifiquement pour la peau de
Bébé et n'ont pas besoin de rinçage ni de
séchage.
Le
lavage se fera de l'avant vers l'arrière à l'aide de
coton propre ou d'un gant de toilette retourné en cours de
soin et lavé à chaque fois.
Le
séchage est plus doux et plus efficace par tamponnage. La
Crème Protectrice pour le Change NIVEA Baby, riche en oxyde de
zinc terminera ce soin en protégeant la peau de l'humidité
et des irritations (notamment aux changements d'alimentation).
L’ERYTHEME
FESSIER
Les
fesses rouges sont un des petits soucis classiques chez Bébé.
Attention cela peut dégénérer en érythème
fessier. Au-delà de l'aspect inesthétique, c'est
douloureux pour Bébé, ce qui peut le rendre irritable.
Des rougeurs évolutives
Au
début la peau est simplement irritée, comme après
un frottement, essentiellement au pourtour des parties génitales
ou dans les plis. Il arrive que ça évolue vers une
extension à toutes les fesses ! Alors la couleur est plus
vive, la peau devient suintante et épaissie. Cela finit par
sécher si ça ne se surinfecte pas. Les couches peuvent
être la cause de ces rougeurs bien que ce soit devenu assez
rare avec les couches jetables bien étudiées et
fréquemment changées. La fragilité de la peau à
cet endroit et la présence constante d'urines et de selles
sont aussi à prendre en compte.
Des
soins assidus
Certains
enfants ont besoin de soins plus fréquents que d'autres. Pour
ces enfants, il faut changer les couches plus souvent, laver, rincer
et sécher la peau soigneusement, appliquer de façon
plus assidue une crème protectrice, telle que de la Crème
Protectrice pour le Change, à l'oxyde de zinc. L'été,
laisser les fesses de l'enfant à l'air sera d'un grand
secours. Si la peau devient suintante, il y a lieu de remplacer la
crème protectrice par l'application d'un produit à
effet asséchant (éosine ou bleu de Milian). Certains
médicaments, certaines maladies (diarrhée ou muguet par
exemple), certains événements (poussée dentaire)
favorisent cet incident. En soignant ces problèmes, cela
contribue à améliorer l'état de la peau de
l'enfant. Si ces rougeurs ne passent pas malgré toute votre
attention et surtout si cela s'aggrave, il sera nécessaire
d'en parler au médecin. Cela peut cacher un problème
plus général qu'il faut détecter. Il vous
prescrira peut-être des produits à l'action plus
radicale.
LES
SELLES
L'observation
de la quantité et de la qualité des selles et des
urines fait partie de la surveillance quotidienne d'un petit enfant.
Savoir détecter les problèmes
Chez
Bébé, les urines sont fréquentes, abondantes,
claires et presque inodores. On ne s'en inquiète presque pas
tant il est habituel de retrouver les couches mouillées à
chaque change. Il peut arriver qu'elles se raréfient en cas de
déshydratation : elles sont alors plus foncées et
odorantes. Si les couches ne sont plus mouillées à
chaque fois, peut-être Bébé a-t-il simplement eu
chaud et a-t-il eu des pertes d'eau importantes par la peau. Après
avoir augmenté la ration d'eau, tout devrait rentrer dans
l'ordre.
Les
infections urinaires ne sont pas rares chez le petit bébé.
Plus fréquentes chez les filles, elles se manifestent assez
souvent par des vomissements et une petite fièvre. Cela peut
aussi gêner l'enfant qui pleure de manière inhabituelle.
Un traitement antibiotique sera prescrit par le médecin que
vous consulterez.
Les
selles sont plus faciles à observer que les urines. Elles sont
en général un peu molles, s'aplatissent dans la couche
et leur couleur varie du brun clair au brun foncé, avec des
nuances vertes ou rougeâtres quelquefois. D'ailleurs, en
changeant de lait ou d'aliments ou même avec certains
médicaments, la couleur des selles change.
Les
selles de Bébé nourri au lait maternel sont tout à
fait caractéristiques : leur couleur est jaune d'or, leur
aspect est celui de grumeaux au milieu d'un peu de liquide. Chez le
Bébé au biberon, les selles sont au nombre de 1 à
4 par jour selon le lait. Le nombre de selles diminue avec l'apport
d'aliments solides et se régularisera à 1 par jour vers
18 mois. On parle de constipation lorsque Bébé a moins
d'une selle par 48 heures et si en plus, elles sont dures, sèches.
Une concentration du lait inadéquate, une insuffisance de
boisson en été ou un déséquilibre de
l'alimentation, sont souvent à l'origine de cette paresse
intestinale.
Selon
le cas, vous vérifierez la manière de préparer
les biberons et les doses à respecter ou vous augmenterez
l'apport en aliments à fibres, tels que les légumes et
les fruits crus ou cuits. Donner à boire de l'eau à
Bébé est aussi un manière simple de remédier
à la constipation. La diarrhée est une augmentation de
la fréquence des selles jointe à un aspect plus
liquide. Cela peut être tout à fait bénin, simple
reflet d'un stress ponctuel ou du passage d'un virus. Pour compenser
les pertes supplémentaires en eau, vous donnerez à
boire en plus des biberons de l'eau additionnée ou non de sels
de réhydratation (en vente dans toutes les pharmacies). Pour
éviter que les fesses ne s'abîment sous l'afflux de
matière, vous pouvez appliquer la Crème Protectrice
pour le Change NIVEA Baby.
Si
Bébé a une alimentation solide, privilégiez les
aliments anti-diarrhéiques (pomme crue râpée, riz
bien cuit, carottes, etc…) au dépend des aliments
laxatifs (légumes verts, agrumes…). Les selles se
normaliseront en quelques jours, d'abord en diminuant en fréquence
puis en s'épaississant. Vous consulterez impérativement
le médecin si la diarrhée est importante, si elle
persiste ou si elle est associée à d'autres problèmes
tels que de la fièvre, des vomissements ou un amaigrissement
visible.
LE
BAIN
Le
bain nécessite l'utilisation d'une petite baignoire pour
assurer confort et sécurité. Il n'est en effet pas
simple pour Maman d'être penchée au-dessus d'une grande
baignoire dans laquelle Bébé se perd un peu et peut
glisser.
Un
bain sans stress
Préparer
tout ce dont on a besoin avant le bain est un gage de sécurité
pour l'enfant et de gain de temps. Il faut peu de matériel de
base : un gel lavant sans savon, ou un bain crème et un
shampooing, un gant de toilette, une serviette de bain, du linge
propre. La température de l'eau sera d'autant plus contrôlée
que Bébé est petit. 35° à 37° C sont
parfaits. Il fera environ 22°C dans la pièce pour que Bébé
ne se refroidisse pas au sortir de l'eau. Si la couche de Bébé
est sale au moment du déshabillage, on éliminera les
selles à l'aide d'une lingette ou de coton afin de ne pas
introduire de matière fécale dans le bain, en même
temps que Bébé. Commencez par le shampooing, ce qui
permet de ne tremper la tête que dans de l'eau propre. Bien
faire mousser sur tout le cuir chevelu, puis rincer et sécher
rapidement (l'utilisation d'une douchette facilite le rinçage
à condition que son réglage soit précis pour ne
pas risquer de brûler l'enfant). Avec le gant ou les mains
savonnés, lavez ensuite le cou, les membres puis le dos, la
poitrine et le ventre. Le siège sera lavé en dernier en
insistant sur les plis.
Le
bain, c'est aussi un jeu
Le
moment du bain est consacré à l'hygiène mais
aussi au plaisir des jeux dans et avec l'eau. Dissocier les deux
temps permet d'introduire une éducation à l'hygiène
corporelle qui sera toujours encouragée par la suite. Pendant
le temps de jeu, on laissera à l'enfant la liberté de
choix de ses activités, en lui mettant à disposition un
certain nombre de jouets pour remplissage, versage… Au sortir
de l'eau, Bébé sera immédiatement enveloppé
d'une grande serviette et séché par tamponnage.
Quels
produits utiliser ?
2
méthodes sont possibles :
*
savonnez-le à l'extérieur, sur la table à langer
avec le Gel Lavant Cheveux & Corps sans savon. Assurez bien votre
prise à la hauteur des épaules et sous les fesses, en
plaçant votre main entre les jambes et plongez Bébé
dans la baignoire pour le rincer.
*
l'autre méthode, plonger Bébé dans un bain dont
l'eau est mélangée à 2 ou 3 jets de Bain Crème
Douceur, base lavante extra douce qui ne demande pas de rinçage
à la douche du fait de sa forte dilution.
Utiliser
pour ses cheveux un shampooing doux spécial bébé
qui ne pique pas les yeux.
Attention,
avant 3 ans, ne jamais laisser Bébé seul dans son bain
; il pourrait piquer du nez dans l'eau.
LE
COUCHAGE
Les
rythmes de sommeil
Le
nouveau-né a un rythme de vie basé sur le sommeil
entrecoupé par de courtes phases d'éveil pendant
lesquelles son activité principale est la relation à sa
mère à travers le repas et les soins d'hygiène.
Son temps de sommeil est de 18 à 20 h par jour et se déroule
en cycles alternant deux phases, sommeil léger et sommeil
profond, chacune d'une durée de 20 minutes.
En
grandissant, les phases de sommeil vont se diversifier et s'allonger
pour être, comme chez l'adulte au nombre de 4 et former un
cycle de 2 h, cela vers 9 mois.
En
même temps les rythmes de vie vont s'organiser autour de temps
d'éveil plus longs, coupés dans la journée par
deux siestes jusqu'à 2 ans puis une sieste jusqu'à 6
ans et, la nuit, une période de sommeil plus longue. Autour
des repas, les temps d'éveil s'allongent. Au total, à 1
an, il dormira environ 16 heures chaque jour. Le sommeil est un temps
indispensable dans la vie de l'enfant. Sur le plan physique, c'est au
cours du sommeil qu'il fabrique l'hormone de croissance et, sur le
plan psychique, qu'il intégre les apprentissages de la
journée.
L'endormissement
Tous
les spécialistes de l'enfant se sont mis d'accord pour dire
que le nouveau-né doit être couché sur le dos
pour dormir, éventuellement sur le côté. Ce sont
les positions les plus sûres. Elles seront maintenues jusqu'à
ce que l'enfant trouve sa position naturelle quand il sera plus grand
et qu'il se tournera seul. Pendant les trois premiers mois, Bébé
s'endormira spontanément peu de temps après son repas
et ne se réveillera que pour le repas suivant.
Il
n'est pas souhaitable de le solliciter au milieu d'un cycle dans une
phase de sommeil profond. Vous détecterez très vite les
phases dites intermédiaires pendant lesquelles votre bébé
peut se réveiller sans inconfort. Il devient alors sensible
aux bruits de son environnement. L'endormissement est un moment
important qui prépare l'enfant à un sommeil calme et
réparateur. Vous repérerez son arrivée par les
nombreux signes de fatigue que l'enfant montre (bâillements,
frottements des yeux, nez qui pique…) mais il peut arriver
que, chez un enfant anxieux, le signe principal soit davantage une
forme de surexcitation.
Accompagnez
alors votre enfant dans son coucher, sans précipitation.
Installez-le confortablement, pour qu'il n'ait ni trop froid, ni trop
chaud, que ses objets préférés soient près
de lui et que le calme l'entoure. Vous tiendrez compte sans excès
de ses goûts en matière de lumière ou de musique
douce. En grandissant, il évoluera. Enfin, une fois bien
installé et rassuré, laissez-le s'endormir seul.
LES
PLEURS
Les
pleurs de Bébé sont une source d'inquiétude
fréquente pour les parents, surtout à la naissance du
premier enfant. On dit souvent que c'est pour le bébé
la seule manière qu'il a de s'exprimer quand il est tout
petit. C'est vrai, mais cela exprime quand même différentes
difficultés ou mal-être que son entourage va comprendre
petit à petit.
Savoir
distinguer les pleurs
Il
y a d'abord les pleurs provoqués par la faim ; ce sont des
cris puissants, très francs, qui appellent à distance
du dernier repas. Il n'y a pas lieu de faire attendre Bébé
au-delà d'un temps raisonnable, sauf s'il n'a pas bu beaucoup
la dernière fois. Ses réserves sont en effet peu
importantes et les sensations de faim plus prégnantes que chez
l'adulte. Les pleurs provoqués par les coliques et les
problèmes de digestion ont lieu entre les repas ; ils sont
brefs, saccadés, coupés de pause, souvent répétitifs,
accompagnés de "tortillements". Ça passe et
ça revient. Quelques gestes attentifs peuvent aider l'enfant à
passer ce moment désagréable..
Lui
faire faire un nouveau rot, lui masser légèrement le
ventre, le porter à plat ventre sur l'avant-bras vont le
soulager. Si cela se reproduit trop souvent, parlez-en à votre
médecin ou la puéricultrice de votre secteur ; ils vous
conseilleront pour son alimentation.
Votre
bébé peut se sentir un peu mal à l'aise parce
qu'il est dans une position inconfortable, qu'il a trop chaud, que sa
couche est sale ou que ses vêtements le serrent. Les pleurs
sont dans ce cas peu puissants et répétés. Après
l'avoir changé, découvert et réinstallé,
il retrouvera son sommeil. La percée dentaire est une cause
fréquente de pleurs qui ressemblent alors à des
geignements. Bébé salive beaucoup, se frotte les
gencives avec les doigts ou les poings, mâchonne tout ce qu'il
trouve. Des produits appliqués en massage sur les gencives
calmeront la douleur. Une sucette ou un anneau de dentition peuvent
aussi être d'un secours précieux.
Bébé
peut aussi pleurer simplement pour vous appeler, vous demander d'être
près de lui. Cela ne suppose pas que vous le preniez
impérativement dans vos bras mais que vous manifestiez votre
présence d'une manière ou d'une autre. Il sera d'autant
moins exigeant que vous lui accordez de réels moments rien que
pour lui quand il est réveillé.
Les
pleurs de nuit
Les
pleurs de nuit, qui sont naturels tant que l'enfant n'a pas acquis de
rythme jour/nuit bien fixé (ce qui peut prendre 2 à 3
mois), sont fréquemment une source d'inquiétude et
d'énervements dans la famille quand ils se répètent
trop souvent. Ils apparaissent rarement avant le 4ème ou le
5ème mois. Bébé a vécu tant de
stimulations dans sa journée qu'il est excité et a du
mal à retrouver le calme nécessaire à son
endormissement. Ne le laissez pas dans cet état d'inconfort
psychique. Prenez-le près de vous, calmez-le, chantez-lui une
chanson douce et caressez-le doucement. Il se sentira à
nouveau dans une atmosphère sécurisante et passera une
bonne nuit. En respectant quotidiennement ses habitudes
d'endormissement (doudou, sucette, peluche), et en lui faisant
comprendre que vous êtes à côté de lui,
alors il se calmera et s'endormira.
L'endormissement
difficile
Bébé
s'endort quand même d'épuisement mais n'arrive pas à
atteindre le calme de son esprit qui permet le passage au sommeil
profond ; il se réveille alors dans le même état
d'excitation avec lequel il s'est endormi. Il se met à pleurer
comme la veille au soir. Vous pouvez tenter de le calmer en le
berçant dans vos bras, souvent il faut le laisser pleurer pour
qu'il se calme tout seul et cède à l'endormissement.
Il
a des coliques ou des difficultés à digérer
Essayez
ces gestes simples : le prendre dans les bras, lui faire refaire un
rot, lui masser doucement l'abdomen.
Il
a faim
Jusqu'à
trois mois, il est assez normal que Bébé réclame
à manger la nuit puisqu'il ne constitue pas de réserves
suffisantes pour rester longtemps sans manger. Vous pouvez l'aider à
franchir cette étape en augmentant de 30 ml le biberon du
soir. Certains pédiatres recommandent l'introduction de
farines dans le dernier biberon, avant la nuit. Les farines
ralentissent la digestion. Elles apportent des calories qui ne sont
pas nécessaires. Ainsi, il faut en faire un emploi très
modéré.
Les
terreurs nocturnes
Elles
apparaissent quand l'enfant grandit. On ne sait pas très bien
ce qu'elles représentent vraiment pour un enfant de cet âge.
L'enfant se réveille brutalement, paraît très
affolé, ses cris sont violents et se calment parfois
difficilement. Il a vraiment besoin d'un câlin sécurisant
qui lui conforte ses repères affectifs et environnementaux. Il
n'y a pas lieu de le prendre dans votre lit, ce qui doit rester
exceptionnel. En revanche, il sera content d'avoir une peluche qu'il
aime ou le foulard de sa maman contre lui.
Le
Jactatio capitis nocturna
Ce
mot savant désigne une "rythmie du sommeil". Quand
il s'endort, l'enfant balance sa tête d'avant en arrière
ou de gauche à droite, de façon répétée.
Parfois il balance tout son corps s'il est couché à
genoux. Cela est normal et s'observe surtout chez les garçons.
Ces mouvements apparaissent d‘s l'âge de 6 mois pour
disparaître spontanément vers 4 ans. L'enfant aurait
besoin de retrouver les mouvements de bercement, ressentis dans les
bras de sa mère ou dans son ventre, pendant la grossesse.
LES
PREMIERES DENTS
L'apparition
des premières dents de Bébé est toujours un
événement familial. Elles sont attendues parce qu'elles
marquent concrètement une étape du développement
de l'enfant. L'arrivée des dents signait autrefois le début
de l'alimentation solide. Aujourd'hui, on sait que leur date
d'éruption est si variable qu'on ne peut en faire un repère
strict.
Un
ordre pas toujours suivi
Les
dents coupent et broient les aliments. Elles participent à la
digestion en malaxant la nourriture avec la salive, d'où leur
importance pour la santé. Les premières dents
apparaissent en moyenne vers 6 mois (mais cela peut facilement être
2 mois ou 10 mois !). Ce sont le plus souvent les incisives médianes
inférieures qui percent les premières. Elles sont
suivies des incisives médianes supérieures, puis des
incisives latérales. Les premières molaires sortent
vers un an, avant les canines.
Ainsi,
les premières dents sorties sont celles qui coupent et qui
grignotent. Celles qui broient ne sont là que vers un an.
L'alimentation en tiendra compte en ne proposant des petits morceaux
qu'à partir de cet âge-là. La qualité des
dents est liée à la qualité de l'alimentation.
Pour avoir de belles dents, l'alimentation doit être équilibrée
en quantité et en qualité. L'adjonction de fluor, qui
durcit l'émail dentaire, a contribué à diminuer
considérablement le risque de carie. Ne l'oubliez pas !
Aider
Bébé à supporter la sortie des premières
dents
L'éruption
des premières dents peut être douloureuse et perturber
l'enfant. Il a mal, salive abondamment, est grognon, pleure, a les
joues rouges, parfois la diarrhée et les fesses irritées.
En prévention, appliquer sur ses fesses une crème,
telle que la Crème Protectrice pour le change NIVEA Baby. Pour
les dents, il n'y a pas lieu d'accélérer le processus
en frottant la gencive, ce qui pourrait provoquer une infection. Un
anneau de dentition bien propre ou même un massage avec un
doigt lavé et l'utilisation d'un produit calmant spécifique
soulagent plus ou moins. A un an, le Bébé est encore
trop petit pour se brosser les dents. Cela le traumatiserait et le
dégoûterait.
On
attendra un peu avant de tenter cet exercice.
http://www.anpde.asso.fr
Penser le foetus comme un être humain à part entière.doc
Penser
le fœtus comme un être humain à part entière
Jean-Marie Delassus
Pour
beaucoup de scientifiques, le foetus est un objet d'étude
comme un autre. Pour Jean-Marie Delassus, le foetus est, au
contraire, un être humain à part entière, doté
de capacités sensorielles, qui grandit dans un univers
homogène et total, et auquel la naissance l'arrache. À
l'occasion de la sortie de son livre, Le
Génie du foetus,
Jean-Marie Delassus nous livre ses réflexions.
Votre
livre paraît autant, sinon plus, celui d’un philosophe
que celui d’un médecin. Pourquoi avez-vous adopté
ce point de vue ?
C’est
en fait le sujet lui-même qui impose d’en parler ainsi.
Trop souvent, mais heureusement cela est de moins en moins le cas,
le fœtus n’est vu et considéré que sous
l’angle de la comparaison avec l’animal ou l’adulte,
mais pas en soi. En effet, l’Homme doit être pensé
dans sa provenance et celle-ci n’est pas que génétique
: il y a une vie intra-utérine humaine spécifique.
Le
fœtus est donc un sujet médical au sens de la médecine
mais également un sujet anthropologique : il nous permet de
mieux savoir ce qu’est l’Homme.
C’est
pour cela que votre livre critique une certaine vision qui fait du
fœtus plus un objet d’étude qu’un être
qui vit dans le corps d’une femme ?
Un
être qui vit dans le corps de la femme et qui va vivre dans
notre corps à nous. Nous sommes, pour toute notre vie,
constitués de l’intérieur, et pas seulement de
l’extérieur : c’est ce que j’appelle «
la mémoire du corps ». C’est un des points
fondamentaux de ma réflexion, et donc de mon livre, que
d’insister sur le fait que les adultes que nous sommes sont
des prolongements des fœtus que nous avons étés,
lesquels ont une vie spéciale.
Dès que nos
capacités sensorielles apparaissent, dès la grossesse
de la mère, nous nous mettons à exister selon une vie
très particulière, homogène, totale, que –
fait spécifiquement humain – nous allons enregistrer et
qui, plus que tout fonds génétique, va faire notre
fonds psychologique.
C’est
une vision peu orthodoxe…
Je
le crois [NDR : blanc de plusieurs secondes].
Ce livre est très
important pour moi, chaque mot, chaque idée, tout ce qui le
compose a été pesé, réfléchi, vu
et revu : c’est l’aboutissement de plusieurs années
de travail. Ce que je voulais, c’est poser et présenter
la vie d’une autre manière, en fonction de sa
provenance, de sa formation pendant la vie intra-utérine.
C’est un changement de paradigme, en quelque sorte.
Je
crois qu’il était nécessaire de dépasser
un mode de pensée parfois trop centré sur la technique
et le médical purs. Il faut, pour le fœtus, une
approche large, pluridisciplinaire, rigoureuse et scientifique sans
exclure la dimension humaine. Sinon c’est le fœtus
desséché, le fœtus médical, le fœtus
sur lequel on va prélever des tissus pour faire des greffes,
le fœtus de la procréation médicale, le fœtus
transplanté, le fœtus vendu, commercial : or, le fœtus
qui importe véritablement est ce fœtus humain que nous
avons tous été, et avec lequel on n’en finit pas
en naissant car il aura formé notre dimension humaine et pas
seulement notre corps.
Alors,
l’Homme est humain dès la vie fœtale ?
Oui,
car sans la vie fœtale, nous serions des animaux comme les
autres ! Ce ne sont pas l’intelligence ou la raison qui nous
font Homme, mais l’expérience de la « totalité
» fœtale : nous sommes ainsi des animaux exilés
de l’animalité en quelque sorte.
Pour
analyser cette expérience de la totalité vécue
par le fœtus, vous développez une phénoménologie
du fœtus, et non une psychologie du fœtus. Pourquoi ?
On
ne peut parler de psychiatrie ni d’ailleurs de psychologie au
niveau du fœtus. Il n’est pas un sujet mais un être
dans un état de totale participation à son milieu, à
son environnement ; cet état global définit un état
mais en aucun cas un sujet.
Aussi, je prends une position
rigoureuse, celle qui me paraît la plus adaptée à
cette recherche, à savoir celle de la phénoménologie.
J’observe des phénomènes, ni plus ni moins, et
je tente de les analyser, d’en tirer des enseignements.
Vous
dites que l’être humain dispose d’immenses
Territoires Corticaux Libres, de neurones qui vont enregistrer tout
ce qui est ressenti par le fœtus : est-ce à dire que le
fœtus vit dans un univers complet, intime, où il
devient humain ?
Oui,
mais en fait, ce qu’il faut bien comprendre c’est que,
quand la grossesse se passe bien, notre esprit est structuré
par ce vécu fœtal qui est d’une homogénéité
stable et constante. Aussi, au lieu d’hériter seulement
de mécanismes phylogénétiques d’adaptation
au monde, se rajoute ce vécu de la totalité
originelle, enregistré, mémorisé.
Dès
lors, nous sommes structurés par un état de la vie qui
se suffisait à elle-même et qui était la
totalité. Et c’est avec cela que l’on
arrive au monde !
En
ce cas, n’y a-t-il pas un véritable problème de
la prise en charge de ce passage de la vie fœtale à la
vie post-natale ?
Évidemment.
Et c’est cela que l’on ne voit pas quand on réduit
la naissance au seul fait de l’accouchement. On veut croire
qu’il y a une continuité entre la vie prénatale
et la vie post-natale et certains s’appuient d’ailleurs
sur une citation tronquée de Freud pour appuyer ce propos.
Cependant, Freud parle seulement d’une continuité dans
les soins maternels : continuité entre la femme enceinte et
la mère qui nourrit et élève son enfant.
En
fait, on n’arrive pas à imaginer l’immense césure
qu’est la naissance ! Quand il vient au monde, l’Homme
n’y était pas destiné. Que peut-il faire alors ?
Il cherche l’univers de totalité connu jusqu’ici.
Et le bébé ne va trouver cette totalité que
chez une seule personne, chez sa mère ou celle qui en fera
fonction. S’il trouve cela – qui a été
rendu sensible par le vécu de la grossesse ou de
l’accouchement (ou, en cas d’adoption, par l’attente)
– alors, par cette écoute, ce regard, cet échange,
l’enfant retrouve la totalité, mais passée du
biologique fœtal au psychologique relationnel.
Peut-on
dire que grossesse et naissance représentent, pour la mère
et son enfant, deux moments parallèles de bonheur et de
douleur ?
C’est
effectivement un parallèle que l’on peut faire.
Pendant la grossesse, la mère, qui est un ancien fœtus
dont le corps conserve la mémoire de son expérience,
voit remonter cette mémoire, ce vécu de la totalité
fœtale et le revit dans et par son corps. À
l’accouchement, il y aura pour elle une rupture de ce vécu.
De
même, la naissance est, pour le fœtus, une chute libre :
c’est d’ailleurs pour cela qu’il crie, ce que ne
fait aucun animal. Dans les manuels de médecine, on enseigne
que le fœtus crie pour déplisser son poumon : le chat,
le chien ou l’éléphant qui ont aussi un poumon
ne poussent aucun cri ! Le cri, c’est en fait l’expression
de cette douleur psychique qu’est la naissance.
Mais, pour
l’enfant comme pour la mère, il y a dépassement
de cette situation de crise natale.
La mère va trouver
au-dehors ce qu’elle avait au-dedans : elle perd son fœtus,
et le gagne en même temps. Là où il y a perte,
elle trouve désormais un être relationnel.
Si la
mère fait ce mouvement, ce transfert originel, la jonction
s’opère pour le bébé : il passe d’une
vie de type foeto-biologique, quand bien même l’esprit
s’y développe, à une vie de type relationnel et
psychologique.
Le
fœtus, dans cette homogénéité et cette
totalité vécues in utero, connaît-il une longue
période de plaisir, de bien-être, qui se poursuit par
la suite avec le développement de la libido ?
In
utero, il n’est pas question de bien-être : c’est
un mot insuffisant. Le mot de totalité, bien qu’ambigu,
dit mieux et davantage.
Le fœtus est en fait immergé
dans la non-différence absolue. Ainsi, il sera amené à
investir non seulement les équivalents psychologiques de la
totalité (par exemple, le visage, le regard, la parole de
l’autre) mais aussi tout retour corporel à
l’homogénéité. Donc, la satisfaction des
besoins sera la satisfaction par voie physique de son besoin de
totalité. C’est là l’émergence de
l’énergie libidinale.
Pour
conclure : vous indiquez comme titre de votre ouvrage
Le
Génie du foetus
: en quoi est-il génial, ce fœtus ?
C’est
très simple. On parle du génie génétique
: c’est le résultat du travail des gènes. On a
là un agencement qui nous dépasse, qui paraît
génial.
Cependant, pour la vie fœtale, il y a aussi
un autre aspect du génie : il tient au fait de cette mémoire
neuronale qui va constituer l’émergence d’un
nouveau sens, le sens de la totalité. Le fœtus a le
génie de la totalité et il nous le
transmet.
Finalement, ce livre est un livre d’anthropologie
fondamentale, qui nous permet de penser la vie d’un point de
vue laïc, de penser au sens de l’Esprit, de tirer des
enseignements du génie du fœtus, du génie
humain. L’étude du fœtus nous apprend que l’on
ne peut pas ou que l’on ne devrait pas vivre sans tenir compte
de cette histoire qui nous parcourt, qu’on le veuille ou non.
Il y a l’histoire de cette dimension de totalité qui
constitue vraisemblablement la nature la plus profonde de notre
inconscient. De même que nous avons le sens de la vision, du
goût, de l’équilibre, nous avons, enfoui et
inconscient, le sens de la totalité. Hors des dérives
totalitaires, qu’en faisons-nous ?
©
DUNOD EDITEUR, 1er Mai 2001