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lundi 29 décembre 2008

Apprentissages


Mon enfant est-il dyslexique ?
Quand un enfant a des difficultés à apprendre à lire, quand il lui est difficile de recopier les mots sans faute d'orthographe ou encore lorsqu'il a des difficultés à mémoriser l'orthographe des mots, lorsqu'il inverse les lettres, il est courant que des professionnels établissent un diagnostic de dyslexie, diagnostic qui est souvent associé à celui de dysorthographie...
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Aider l’enfant dyslexique à retrouver sa place d’écolier : un processus de remédiation
Interview. Bernard Jumel
Alors que les difficultés scolaires liées à la dyslexie sont de plus en plus souvent considérées comme un handicap et, à ce titre, abordées sous un angle quasi médical, Bernard Jumel nous présente une autre approche...

Est-il gaucher ou droitier ?
Les individus ne se répartissent pas en deux catégories, les droitiers et les gauchers, mais en quatre.
Les droitiers homogènes se servent préférentiellement et plus habilement de leur main droite pour saisir, de leur pied droit pour taper dans un ballon, de leur œil droit pour regarder...
Comment l'enfant apprend à parler ?
Qu'est-ce-que communiquer ? Communiquer et parler sont deux actions différentes. La communication chez le bébé est première par rapport à la parole. Le bébé adopte plusieurs canaux de communication. Par des mimiques, des gestes, il arrive à se faire comprendre de son entourage. Bientôt, il s'exerce à prononcer des sons plus ou moins proches de mots du langage commun...

Les troubles de l'écriture
Votre enfant peut rencontrer des difficultés dans l’apprentissage de l’écriture. Vous pouvez l’aider à la maison, mais si cela ne suffit pas, consultez un spécialiste. Les premiers pas de l’enfant dans le monde de l’écriture suscitent des réactions aussi diverses...

LA DYSLEXIE , ça me cripse comme un machte de bosc.
La simple pensée des travaux scolaires, la simple entrée dans la classe ou la simple vue d’un livre ou d’une lecture à faire, peut provoquer le rejet, la fuite ou l’inhibition chez certains enfants.
On dit de lui qu’il "n’aime pas l’école", "il n’aime pas lire". Il dit de lui qu’il "est nul", sous entendu "je suis bête car je ne comprends rien à l’école, je n’arrive pas à suivre". Les devoirs sont un véritable supplice pour les parents et une corvée pour les enfants qui ne se plient que sous la contrainte. Que se passe t-il ?

L'apprentissage de la lecture
L'apprentissage de la lecture commence bien avant l'entrée au cours préparatoire. Le jeune enfant, dès l'école maternelle, se familiarise avec le monde de l'écrit. Il commence à lire par la médiation d'un adulte ou d'un autre enfant, plus âgé que lui, qui lit à sa place, à voix haute, les histoires qu'il a envie de connaître. On pourrait appeler cette méthode, la méthode de "la grand-mère" puisque traditionnellement, les grands-mères racontaient des histoires à leurs petits enfants...

Méthode Globale. Les saboteurs de la lecture
Les enfants lisent mal. Conséquence de la méthode globale et d'un lobby de "pédagogues".
Valeurs Actuelles, 30 mai 1998 par Humbert Rambaud. C'est un exercice obligé: tout ministre de l'Education nationale doit associer son nom à une réforme. Pour Ségolène Royal, ministre délégué à l'Enseignement scolaire, ce pourrait être la lecture. "...

La première rentrée à l'école maternelle
La première rentrée à l'école maternelle est une étape importante dans la vie d'un enfant mais c'est aussi un grand moment dans la vie des parents. Que d'angoisse, de craintes, de fantasmes autour de ce premier jour...

LE TRAVAIL A LA MAISON
Le travail à la maison est un souci bien connu de toutes les familles qui ont un enfant d'âge scolaire. De nombreuses questions se posent aux parents désireux de suivre la scolarité de leurs enfants : Quels sont les objectifs du travail à la maison ?Que faut-il exiger d'un enfant ? Faut-il lui demander du travail supplémentaire ? Comment l'aider à faire le travail imposé : faut-il le laisser autonome ou faut-il le guider ?
Cette page a pour but d'aider les parents à répondre à toutes ces interrogations...

Sécher l'école, une nouvelle mode
Aujourd'hui,rater des cours pour des raisons de confort personnel touche de plus en plus d'élèves, et de plus en plus jeunes. Mépris du système scolaire ? Démission des parents ? Des clés pour comprendre et réagir...

Une petite psychologie de l'élève
D’où viennent les difficultés des élèves ? Comment y remédier ? Quels sont les atouts spécifiques nécessaires à l’enfant afin qu’il devienne un élève performant ?
Voilà quelques-unes des questions auxquelles répond Jean-Luc Aubert, psychologue clinicien, dans Une petite psychologie de l’élève(Dunod, 2007), fruit d’une expérience de plus de vingt ans en milieu scolaire.Un livre dédié à tous les acteurs de la communauté éducative – enseignants, parents,associations et, plus largement, responsables à tous niveaux de l’éducation de l’enfant...
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Comment préparer la rentrée? Comment les remettre dans le bain ?
Quand préparer la rentrée?
Tous les spécialistes vous le diront : la rentrée, ça se prépare, et pas seulement en achetant le cartable et des stylos tout neufs. 15 jours avant le jour J est une bonne moyenne
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Demain, la Grande Ecole
Madame Villanueva, maîtresse en CP nous raconte comment éviter le stress, les angoisses et les inquiétudes … des parents et des enfants !
D’abord et avant tout, soyez rassurés...
Vous êtes un peu stressé à l’avance vous demandant comment va se passer cette entrée en CP ? C’est normal mais rappelez-vous que votre enfant n’en est pas à sa première rentrée !

Les devoirs de vacances. Faut-il faire travailler les enfants pendant les vacances ?
Enseignants et psychologues répondent à vos questions. Cahiers de vacances, stages, cours particulier, remise à niveau… les solutions ne manquent pas pour faire travailler les enfants, que ce soit pendant le long «break » de l’été, comme pendant les petites vacances en cours d’année scolaire.




vendredi 3 octobre 2008

Mon enfant est-il dyslexique ?

Mon enfant est-il dyslexique ?

Quand un enfant a des difficultés à apprendre à lire, quand il lui est difficile de recopier les mots sans faute d'orthographe ou encore lorsqu'il a des difficultés à mémoriser l'orthographe des mots, lorsqu'il inverse les lettres, il est courant que des professionnels établissent un diagnostic de dyslexie, diagnostic qui est souvent associé à celui de dysorthographie.
Bien souvent les parents s'interrogent devant ce diagnostic. Que signifie-t-il ?
Ouvrons d'abord nos dictionnaires. Dyslexie est un mot d'origine grecque. Le préfixe "dys" vient du grec "dus" qui signifie "mauvais", "lexie" vient du grec "lexis" qui signifie "mot". Le Larousse donne la définition suivante : "Difficulté d'apprentissage plus ou moins importante de la lecture, sans déficit sensoriel ni intellectuel".
Quels sont les professionnels qui donnent ce diagnostic ?
Bien souvent, ce sont les orthophonistes qui, suite à un bilan, établissent ce diagnostic. Ce diagnostic peut être aussi établi dans certains centres de consultations spécialisées pour les troubles du développement de l'enfant.
Il faut savoir que les inversions de lettres, les confusions de sons, les écritures en miroir s'observent très fréquemment dans les tout premiers temps de l'apprentissage en grande section maternelle et même en cours préparatoire. Elles deviennent de plus en plus rares et disparaissent spontanément au fur et à mesure de l'apprentissage, tandis que pour un enfant diagnostiqué dyslexique, ces troubles persistent et gênent l'apprentissage.
L'enfant signalé comme étant dyslexique, est un enfant d'intelligence normale, et qui pourtant, a des difficultés dans l'apprentissage de la langue écrite. Pour mieux aider l'enfant dyslexique, on comprend que chacun, parents et professionnels, soient à la recherche des causes de cette dyslexie.
Les causes de la dyslexie :
On touche ici à la pomme de discorde des différents courants de la psychologie. Présentons ces différents courants qui tentent de donner des modèles explicatifs de la dyslexie.
La cause organique :
La thèse de la lésion organique a été très en vogue dans les années 70. Mais les preuves de lésion anatomique n'ont toujours pas été apportées. Aujourd'hui, la thèse organique se dirige vers la recherche du "gène de la dyslexie". Il existerait une susceptibilité sur certains chromosomes qui serait en cause dans la dyslexie. Cette découverte reste à confirmer. Même s'il existe des familles de dyslexique, cela ne prouve en rien l'existence d'une hérédité. Les processus d'identification, conscients ou inconscients, les effets de l'environnement familial ou social peuvent être à l'œuvre dans cette reproduction générationnelle.
La thèse du handicap socioculturel :
La quasi totalité des études montre que la proportion de mauvais lecteur augmente lorsque le niveau social s'abaisse. Certains se sont attachés à rechercher une cause éducative : un climat trop autoritaire où l'enfant n'est pas encouragé à l'autonomie intellectuelle freinerait l'acquisition de la lecture. Certaines familles, désireuses que leur enfant réussisse, sont trop exigeantes et l'enfant ne réussit pas en raison d'une trop grande pression familiale. La crainte de décevoir le fait échouer. Ce désir de réussite excessif peut se rencontrer bien évidemment dans toutes les classes sociales mais il est certainement encore plus aigu chez les parents ayant un faible niveau d'études et qui reportent sur leur enfant les ambitions qu'ils n'ont pu réaliser eux-mêmes.
L'environnement familial peut être plus ou moins propice à l'apprentissage de la lecture. Si les parents prennent plaisir à lire, si l'enfant les voit souvent en train de lire ou d'écrire, si l'écrit a une grande importance dans la vie familiale, on peut penser que l'enfant sera très désireux d'apprendre lui-même à lire.
Ce handicap socioculturel, ces attitudes éducatives, ont certainement un rôle important mais pas obligatoirement déterminant. Certains enfants de milieux modestes n'ont pas de difficultés. Dans une même fratrie, certains enfants vont être en difficulté, d'autres n'en auront pas.
La thèse cognitiviste :
Pour les chercheurs en psychologie qui ont une approche cognitive, l'enfant dyslexique est en difficulté parce qu'il ne peut traiter les signaux auditifs et visuels sur lesquels, les apprentis lecteurs s'appuient d'ordinaire pour apprendre à lire. L'enfant a du mal à faire aisément un lien entre le son entendu et l'écriture correspondante. C'est la liaison phonie/graphie qui est à travailler. Il existerait une faiblesse dans le traitement de l'information soit visuelle soit auditive en l'absence de toute lésion cérébrale.
La thèse des socio-cognitivistes :
D'autres chercheurs, les socio-cognitivistes ont une approche plus sociale de l'apprentissage. En observant les adultes ou d'autres enfants en train de lire, les jeunes enfants ont conçu des idées fausses sur la lecture et l'écriture. Chez certains enfants, ces idées fausses persistent et gênent l'apprentissage de la lecture.
Citons ces principales idées fausses :
- Lire, c'est avoir une attitude de lecteur : fixer les yeux sur la page, suivre la ligne du doigt.
- Lire, c'est deviner l'histoire qui est écrite.
- Lire, c'est apprendre par cœur.
- Lire, c'est nommer les lettres.
- L'ordre des lettres a peu d'importance. Par exemple : "il" ou "li", c'est pareil.
La thèse psychanalytique :
Pour les psychanalystes, les difficultés d'apprentissage scolaire et plus particulièrement la dyslexie, sont le symptôme de troubles affectifs. On voit certains enfants suite à un choc émotionnel (deuil, séparation ...), régresser en matière d'apprentissage de la lecture et se mettre à inverser les lettres, alors qu'avant cet événement dramatique, ils apprenaient facilement. Dolto rapporte un exemple de dyslexie collective lors de l'évacuation des jeunes parisiens, loin de la capitale, avec leurs institutrices. Au début de la seconde guerre mondiale, les autorités ont envoyé les enfants dans les villages à la campagne pour les mettre à l'abri du risque de bombardements sur Paris. Ces enfants, traumatisés par la séparation familiale, ont présenté des troubles des apprentissages. Cela met en évidence le rôle des facteurs affectif et psychosocial dans la capacité à apprendre. Pour les psychanalystes, l'échec dans l'apprentissage de la lecture et de façon plus générale, la difficulté à entrer dans les apprentissages scolaires est à interpréter comme un avatar de la problématique œdipienne. La crainte de dépasser un des parents, ou un frère ou une sœur aînée, est en lien avec l'angoisse de castration. L'enfant qui ne veut pas grandir n'a aucune raison d'apprendre à lire.
A l'inverse, la réussite scolaire est à comprendre comme un effet du refoulement qui détourne la pulsion vers des fins socialement valorisées. Apprendre à lire, c'est rentrer dans un code social. Les règles de lecture et d'écriture sont totalement arbitraires, elles n'ont de valeur que parce qu'elles sont reconnues par tous. Leur utilité est incontestable puisqu'elles permettent de nous comprendre, mais l'enfant qui a des difficultés à se soumettre à la loi, aura aussi des difficultés à admettre le bien fondé de ce code. On touche là aussi à un aspect de la problématique œdipienne.
Conclusion :
Comme très souvent en psychologie, nous sommes confrontés à une pluricausalité. Il faut être attentif à ce que ce diagnostic ne réduise pas l'enfant à son trouble. Votre enfant, même dyslexique doit pouvoir apprendre à lire. Son rythme d'acquisition sera au départ un peu lent mais, pour autant, il rattrapera son retard si vous avez confiance dans ses possibilités. De toute façon, l'acquisition de l'orthographe et même la maîtrise du code écrit ne sont jamais terminées. Elles se prolongent bien au delà de la scolarité. Qui peut se vanter de ne jamais faire de fautes d'orthographe ? Au pire, si votre enfant même en grandissant était toujours en difficulté, il pourra très bien réussir dans des professions qui font moins appel à l'écrit que d'autres. N'accusez pas la méthode pédagogique employée par l'enseignant de votre enfant. Vous jetteriez le discrédit sur l'enseignant et l'enfant ne lui ferait plus confiance. Comment votre enfant pourrait-il travailler à l'école si vous critiquez la personne qui est chargée de cet apprentissage ? D'autres enfants dans la classe apprennent sans difficulté avec cette méthode, alors le problème n'est certainement pas une question de méthode.
L'aide orthophonique peut être d'un grand secours si les difficultés se situent au niveau des processus d'apprentissages. Si la discrimination auditive et visuelle est défaillante. Mais si les troubles sont plutôt d'ordre affectif, une thérapie qui permettra à l'enfant d'exprimer ce qu'il ressent, l'aidera davantage qu'une rééducation orthophonique. Dans ce cas, la difficulté en lecture n'est qu'un symptôme du mal-être. Lorsque l'enfant aura dépassé son problème affectif, le symptôme disparaîtra.
En tout état de cause, gardez vous bien de l'acharnement pédagogique qui éloignerait votre enfant de la lecture pour très longtemps. Diversifiez les entrées dans la lecture, privilégiez celles qui sont peu utilisées en classe en raison du trop grand nombre d'enfants. Achetez avec lui des magazines de presse enfantine. C'est en fréquentant le code de l'écrit qu'il arrivera à le maîtriser de mieux en mieux. Beaucoup de jeunes régressent à l'âge adulte parce qu'ils ne lisent pas ou n'écrivent pas assez. On peut faire des progrès en lecture et en orthographe en utilisant Internet. ou un cédérom bien choisi. Fréquentez avec lui les bibliothèques de quartier. Leur département "Jeunesse" est souvent très attrayant. Encouragez-le à constituer sa bibliothèque personnelle. Une partie de l'argent de poche peut être utilisé dans ce but. Ne pensez pas que les livres que vous avez gardés de votre enfance l'intéressent obligatoirement. Montrez-les lui comme on montre une photo souvenir. Votre enfant sera certainement très sensible à vos souvenirs d'enfance mais ce sont les vôtres il n'a pas forcément envie de se les approprier. Faites du livre un objet personnel. Ainsi dans une fratrie, chacun doit savoir à qui appartient tel livre. Pour autant les échanges les prêts entre frères et sœurs ou entre camarades sont de nature à développer le goût pour la lecture. On peut prendre du plaisir en lisant un livre mais aussi en échangeant avec autrui pour connaître son point de vue. Soyez à l'écoute de votre enfant, au plus près de ses centres d'intérêt. Cherchez des lectures en rapport avec ses thèmes préférés. Il se passionne pour les voitures, ne vous obstinez pas à lui faire lire des contes de fée sous prétexte que vous les adoriez quand vous aviez son âge. Et surtout, ne pas oublier que la motivation du sujet est à la base de tout apprentissage réussi. L'enfant doit avoir le désir d'apprendre à lire et à écrire, il doit avoir envie de communiquer par la langue écrite. Tout ce qui sera fait pour faire naître en lui cet appétit vers les livres et vers l'écrit sera porteur de réussite.


Pour avoir d'autres éclairages sur ce trouble :
http://www.esculape.com/fmc/dyslexie.html
http://pagesperso-orange.fr/genevieve.cavaye
BERT,C. "Dyslexie : ces enfants qui n'arrivent pas à lire", Sciences humaines, Octobre 1999, n°98
DOLTO,F. (1989), "L'échec scolaire", Ergo Press.

Aider l’enfant dyslexique à retrouver sa place d’écolier : un processus de remédiation

Interview. Bernard Jumel

Alors que les difficultés scolaires liées à la dyslexie sont de plus en plus souvent considérées comme un handicap et, à ce titre, abordées sous un angle quasi médical, Bernard Jumel nous présente une autre approche. Avec Comprendre et aider l’enfant dyslexique (Dunod, 2005), il apporte son éclairage de psychologue scolaire pour faire prendre conscience du rôle central de l’écriture comme instrument d’autonomie et de la vraie mission des rééducateurs, enseignants et parents dans ce processus de « réapprivoisement » de l’écrit. Un ouvrage étayé de nombreux cas d’observation commentés.
Quel regard portez-vous sur l’apprentissage de l’écriture dans l’approche de la dyslexie ?

J’ai souhaité montrer que l’écriture était un système complexe, dont l’histoire montre bien qu’il s’agit d’un système inventé et réinventé par des générations et des générations, parallèlement à l’évolution de la pensée.
Avec l’écriture alphabétique, l’enfant est aux prises avec un système hérité de plusieurs millénaires, produit d’une activité sociale consciente et volontaire, dont l’acquisition ne relève pas d’une disposition naturelle chez lui. On n’apprend pas un système d’écriture comme on apprend à marcher. Il faut, pour le maîtriser, l’accompagnement des adultes auxquels il a été transmis, eux-mêmes volontaires pour le transmettre à leur tour. La maîtrise de l’écriture alphabétique relève de la transmission de culture et non de la « nature ». L’histoire de l’écriture est en lien avec l’histoire de la pensée, elle-même en lien avec l’histoire des relations entre les hommes.
L’écriture alphabétique s’appuie sur une manière singulière de penser les différences entre les personnes responsables. Cette façon de penser les différences peut être datée du Ve siècle avant Jésus-Christ à Athènes, et c’est à partir de cette date qu’elle s’est intégrée à l’écriture en organisant, de la façon que l’on connaît aujourd’hui et que l’on applique dans tous les domaines, notre temps et notre espace de représentation.
L’écriture alphabétique, avec cette maîtrise nouvelle de l’espace et du temps de représentation, est organisée sur une différence fondamentale dans le langage, celle des voyelles et des consonnes. Leur association, sur un plan psychologique, relève moins du son et de sa conscience – la fameuse « conscience phonologique » – que d’un jeu mental de liaison entre des principes que tout oppose. Et le jeu mental de liaison est possible pour autant que l’enseignement de la lecture et de l’écriture offre analogiquement à l’enfant l’image d’une liaison possible entre deux rôles dans l’enseignement, ceux tenus par l’adulte qui enseigne et l’enfant qui apprend. Si ces rôles sont jouables, c’est pour l’enfant la garantie qu’apprendre n’est pas périlleux. Aussi le recours à la seule conscience phonologique pour parler d’assemblage entre voyelles et consonnes et pour aborder la dyslexie me paraît-il une erreur. C’est en tant que psychologue que j’aborde la relation de l’enfant dyslexique à l’écriture.


La vocation « pédagogique » de l’enseignant dans l’accompagnement des enfants dyslexiques est-elle suffisamment valorisée ?

Je reconnais que mon approche confère aux enseignants une responsabilité énorme. Ils la vivent dans leur pratique quotidienne. Mais sont-ils entendus ?
En 2003 s’est déroulée une Conférence nationale de consensus qui réunissait des pédagogues autour de spécialistes de l’apprentissage de la lecture. Les contributions des spécialistes ont essentiellement porté sur les processus d’apprentissage, et très peu sur l’enseignement de la lecture et de l’écriture.
Il y avait pourtant une demande évidente chez les enseignants, qui disposent souvent d’éléments très intuitifs sur la manière de procéder.
A l’issue de la conférence de consensus, les pédagogues sont tout de même parvenus à extraire des propos des spécialistes des indications très intéressantes, mais aussi des questions sur l’enseignement et l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Mais aucune publicité n’en a été faite par les responsables de l’Education nationale.
On le voit, s’il y a un hiatus, il ne réside pas dans l’implication des enseignants, ni dans leur intérêt pour la pédagogie, mais plutôt dans le peu de retentissement que cela peut avoir au niveau institutionnel – sans doute parce que les responsables de l’Education nationale ne placent peut-être pas suffisamment la pédagogie au centre de l’enseignement.


La façon d’aborder la dyslexie est-elle différente à l’étranger ?

A l’étranger – aux Etats-Unis par exemple – les approches sont à peu près semblables aux nôtres. Il y a deux conceptions qui s’excluent : il y a d’une part une approche centrée sur la prise en compte de l’équipement de base de l’enfant – neurologique ou autre – et, d’autre part, une approche relationnelle.
Le mouvement qui est engagé va malheureusement davantage dans le sens de la médicalisation. Ainsi, dans un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé publié en 2001, on peut lire qu’environ 10 à 20 % des enfants scolarisés présentent des troubles constituant un handicap mental, mais qui ne sont ni diagnostiqués, ni soignés. Parmi les troubles recensés, la dyslexie concerne 4 % des enfants scolarisés.
Cette démarche est gênante, car considérer d’emblée que les problèmes de dyslexie sont du ressort de la santé et de différences dans les compétences inhérentes à l’enfant lui-même, conduit à chercher seulement les réponses du côté médical ou paramédical.


Quelle est la démarche des professionnels de l’enfance dans l’approche de la dyslexie?

Les personnes qui travaillent dans l’adaptation scolaire, qu’ils soient psychologues ou maîtres spécialisés, ont une démarche intuitive. Ils se centrent sur les problématiques d’apprentissage et perçoivent bien ce qui serait à leur portée s’ils pouvaient développer entre eux davantage d’échanges pour analyser ensemble ce qui marche et ce qui ne marche pas.
Mais la tendance qui consiste à déposséder les enseignants et les enseignants spécialisés de cette part de leur métier qui relèverait désormais du médical fait que, pour beaucoup d’entre eux, ils se convainquent qu’il y a là quelque chose qui relève de l’équipement intime de chaque enfant qui, par définition, échappe à leurs compétences. J’ai écrit cet ouvrage dans le but d’aider les enseignants à revendiquer dans leur champ de compétences le travail d’accompagnement des enfants dyslexiques. Il faut leur redonner confiance dans ce qu’ils peuvent faire. Ils sont en effet les mieux placés pour le faire s’ils y sont aidés.


Vous plaidez pour un véritable accompagnement de l’enfant : outre l’enseignant, quels doivent être les acteurs de ce processus de remédiation ?

Je considère que l’enseignant est au cœur de la remédiation. L’idéal serait que les enseignants puissent travailler ensemble en petits groupes puis échanger sur le cas dans lequel ils se sont impliqués. L’échange peut notamment se faire avec un psychologue : il faut en effet un regard extérieur mais impliqué. Cela aide beaucoup de pouvoir mettre des mots sur des situations sur lesquelles on achoppe. Quand on est trop impliqué par un enfant – sur un mode réactionnel en particulier – l’échange entre adultes travaillant conjointement permet de prendre une distance, de réanalyser, de voir que la démarche avec cet enfant nécessite d’autres détours sur lesquels il n’y a pas à craindre d’innover. L’Ecole peut en offrir les moyens. C’est ce que nous avons voulu montrer dans ce livre, en s’appuyant sur des exemples très détaillés.


Comment les « groupes d’aide » prennent-ils en charge l’accompagnement des enfants dyslexiques ?

Avec les enfants dyslexiques, il faut une relation de proximité. Ce sont des enfants qui n’ont pas vraiment d’autonomie. Ils ont une réelle problématique de séparation. Ils éprouvent une difficulté particulière à se retrouver seuls pour pouvoir réfléchir.
De ce fait, dans l’apprentissage, ils éprouvent une difficulté singulière sur l’écriture, car ils doivent être eux-mêmes séparateurs. Sur le plan cognitif, cela se traduit par une difficulté à décomposer un mot en syllabes, par exemple. Il faut savoir que la problématique de séparation est inhérente même à l’état enfantin.
Il y a souvent méprise sur le sens des difficultés des enfants. On oublie trop souvent en effet que les enfants sont des enfants et qu’ils ont besoin d’être tenus par la main par les adultes pendant le temps de l’enfance.
Or les enfants dyslexiques se recrutent parmi les plus dépendants, ceux qui ont le plus besoin de la présence des adultes, même quand ils passent aux yeux de leur entourage pour sociables voire débrouillards, ce qui n’est pas contradictoire. Quand je dis qu’ils sont dépendants, je veux dire qu’ils redoutent d’abord d’être seuls. Il leur faut des groupes restreints pour progresser. Il s’agit bien de groupes d’aide et non de classes de soutien. Les groupes se réunissent une ou deux fois par semaine, ils permettent de mettre en place la relation au sein du groupe. L’enseignant doit jouer le jeu de la captation de l’attention des enfants.
Là, ils sentent l’adulte plus proche d’eux, en même temps ils peuvent tirer profit du groupe et sont, de ce fait, mieux en mesure de dépasser les obstacles.
Dans les observations que j’ai faites, les enfants dyslexiques mettent à profit cette situation pour acquérir un sentiment de continuité dans leur relation avec le groupe et une continuité du sentiment d’existence, malgré les interruptions entre les séances. Il y a quelque chose de très fort dans ce phénomène de co-construction d’une histoire des rencontres du groupe dont on est acteur, qui n’est pas très différent de ce que l’on retrouve en psychothérapie – même si l’on ne se trouve pas ici dans le cadre d’une psychothérapie.





Quelle contradiction voyez-vous entre le système d’évaluation de l’Education nationale et l’approche de la dyslexie ?

Je pense que l’évaluation doit venir après l’enseignement, cela correspond d’ailleurs à ce que pratiquaient les enseignants il n’y a pas si longtemps. Cela permettait de se rendre compte de ce que l’enfant avait réellement gagné dans le processus.
L’évaluation avant l’apprentissage – en début d’année – place les enfants dans la position de répondre à des questions verbales qui correspondent plus à une vision et aux compétences d’un adulte. Ils ne devraient pas être laissés seuls face à leur tâche. L’évaluation nationale telle qu’elle est pratiquée se réfère donc à un point de vue d’adulte. De ce fait, elle met en évidence les enfants qui ont du mal à être seuls et qui sont les plus fragiles affectivement.
De cette fragilité on fait un contresens, on postule que la différence n’est pas entre fragiles et moins fragiles, mais entre ceux qui possèdent et ceux qui ne possèdent pas, ceux qui ont l’équipement et ceux qui ne l’ont pas…

Quel bilan le lecteur peut-il tirer des différents cas d’observation présentés dans l’ouvrage ?

J’ai choisi des cas d’observations assez diversifiées pour montrer la différence des outils, des approches, mais aussi la différence de nature des observations, ainsi que la grande diversité de façons dont les enfants se présentent et les types de remédiation envisageables.
L’objectif était de fournir des éléments d’analyse, de présenter la grande diversité des cas que l’on peut rencontrer, afin de montrer la façon dont l’enfant répond, dont il pense, dont il réagit, dont il utilise – ou non – la présence que l’on a auprès de lui. Ensuite j’ai voulu montrer de quelle manière tout cela se met en place, et parfois de façon quelque peu surprenante.


Dans ce rapport à l’apprentissage, comment se répartissent les rôles des enseignants et des psychologues ?

J’ai eu l’occasion de travailler avec des enseignants de Français en collège, par exemple : dans la pratique avec le groupe d’enfants, je n’imaginais pas que ma manière serait différente de la leur. En réalité, j’ai réalisé que je faisais une erreur parce que, de par leur fonction, ils portaient une certaine anxiété avec eux, une anxiété de réussite, une anxiété que l’enfant apprenne, alors qu’en tant que psychologue j’avais une bien plus grande tranquillité quant au fait que l’enfant avait besoin de l’adulte, qu’il suffisait d’être avec lui sans avoir pour autant à devoir lui faire porter le poids de notre anxiété d’y parvenir. Il y a donc une réelle différence de ce point de vue.

Par contre, quand j’ai travaillé avec des enseignants de maternelle ou de primaire, et plus particulièrement avec des psychopédagogues, la différence entre nous ne résidait pas tant dans la distribution des rôles qu’on pouvait avoir auprès des enfants que dans les relais théoriques dont je disposais. Le psychologue dispose en effet d’éclairages qui consistent toujours à permettre à l’enseignant de se sentir impliqué par l’enfant, sans pour autant lui laisser croire que si l'enfant adopte une forme de réponse ou une autre face à ses sollicitations, cela se joue par rapport à lui, en tant que « personne ». L’idée est bien de désangoisser les rapports, avec cette tranquillité du psychologue, qui est très confiant dans le fait que l’enfant est effectivement engagé dans un processus de développement. Le psychologue pense, non sans raison, que le temps est organisateur par lui-même. Il peut trouver le moyen de rassurer l’enseignant sur le fait que le temps nécessaire à l’apprentissage n’agit pas en persécuteur, pour lui ou pour l’enfant, mais qu’il est inscrit dans la matière même de notre système d’écriture alphabétique. Celle-ci concourt par construction à assurer la maîtrise du temps - de la mémoire - et de l’espace de représentation.

Les enseignants sont aujourd’hui dans une trop forte attente de rendement de l’enseignement dispensé : toute chose enseignée devrait immédiatement se traduire par une amélioration des performances, pour attester que le processus fait son chemin.
Or si je crois qu’il existe bien une relation entre enseignement et apprentissage, je ne crois pas qu’il s’agisse d’une relation linéaire. L’enfant dyslexique peut ainsi rester longtemps dans un groupe dans une position de retrait apparent, se contentant uniquement d’imiter les autres. Et il ne faut sans doute pas procéder avec lui par questions-réponses, car le langage, le verbe, la capacité de répondre, c’est la force de l’adulte. Il faudrait plutôt appréhender l’enfant comme quelqu’un qui peut entendre, que l’on peut accompagner mais qu’il ne faut pas « sommer » de répondre, car il n’est pas en mesure psychiquement de tenir une place d’adulte.
Dans ce cas, il faut autoriser un enfant à fonctionner dans un groupe, même s’il ne paraît pas très actif, à part pour imiter les autres. Quand il sera plus en confiance, il pourra répondre à l’adulte directement. Mais il lui faut le temps de prendre conscience que l’engagement par rapport à l’adulte n’est pas nécessairement périlleux pour lui.
Dans des fonctionnements collectifs, il est parfois aussi nécessaire de passer par des jeux ou des gestes où le verbe n’est plus si important.





À qui destinez-vous cet ouvrage ?

Ce livre est un ouvrage de psychologue qui s’adresse au plus grand nombre, même si le sujet est complexe. J’aimerais encourager tous ceux qui travaillent avec des enfants – psychologues, psychopédagogues, orthophonistes et enseignants – à considérer la part d’implication qu’ils peuvent prendre dans le travail de remédiation avec les enfants dyslexiques, en leur expliquant que l’écrit est un produit de la culture et que sa transmission relève d’abord d’un acte de transmission de culture.
Ceux qui souhaitent consulter en priorité les cas pratiques peuvent s’y reporter directement et retourner ensuite à la lecture des passages plus difficiles.
Les parents sont aussi concernés, bien sûr, même si je sais qu’ils ne se considèrent pas les mieux placés pour entreprendre un travail de remédiation. Ils sont de plus en plus avertis, d’ailleurs. La solution de remédiation efficace reste donc celle qui se déroule entre l’adulte et l’enfant et qui restitue à l’école son rôle dans le développement de l’enfant et la transmission de l’écriture, car l’écriture a une vraie fonction émancipatrice.
Si les parents prennent le temps de consulter cet ouvrage, cela permettra peut-être de contrecarrer un peu le courant du « tout médical » dans l’approche de la dyslexie et d’aider enfin l’enfant dyslexique à retrouver sa place d’écolier


© DUNOD EDITEUR, 15 Avril 2005

mercredi 23 juillet 2008

Comment préparer la rentrée

Comment les remettre dans le bain ?



Quand préparer la rentrée?
Tous les spécialistes vous le diront : la rentrée, ça se prépare, et pas seulement en achetant le cartable et des stylos tout neufs. 15 jours avant le jour J est une bonne moyenne, autrement dit… commencez aujourd'hui!
Parlez-en avec votre enfant, planifiez des sorties courses en famille, revenez sur les appréhensions qu'il peut avoir, les cours qui lui font peur… Le retour à l’école est souvent difficile. Une mise en condition psychologique est importante.

Comment retrouver un rythme scolaire?
Les horaires sont plus élastiques pendant les vacances et le moment du lever et du coucher a tendance à varier.
Pour que votre enfant soit de nouveau prêt à se lever à 7h00, faites-le se coucher plus tôt progressivement, par tranche d'un quart d'heure tous les 2/3 jours. Les 4 derniers jours, utilisez le rythme scolaire qu’il aura toute l’année. Il va râler les premiers jours, mais il reprendra vite le pli.

Faut-il réviser?
Pas question de lui infliger un programme de révision draconien, sous peine de le dégoûter de l’école avant même d'avoir recommencé.
Pour le français, la lecture reste un moyen simple et efficace de dérouiller les méninges de vos chères petites têtes. Une maman de 4 enfants raconte comment à la fin de chaque été, elle ressort les « Okapi » et autres magazines qu'ils lisent pendant l'année. Chacun reprend un dossier qui lui a plu ou une rubrique. Ils se posent des questions et transforment ça en jeu.
Pour les maths ou les matières plus scientifiques, en revanche, il n’y pas de recettes. Il faut travailler. Mais pas plus d'une heure par jour, et seulement si votre enfant a vraiment des lacunes dans ces matières. N’oubliez pas en effet que la première semaine de classe est consacrée à une petite révision des bases de l’année précédente, ce qui suffit à réveiller les souvenirs de nos jeunes étudiants.

Pour le primaire : revoir les tables de multiplication, qu'on a tendance à oublier.
Pour les rentrées « difficiles » comme la sixième ou la seconde, rien ne sert d’en faire trop. Une petite révision des matières générales suffit. Selon Anne-Marie Meyer, conseillère pédagogique à Strasbourg : « on constate que les enfants sont déjà stressés et acceptent plus facilement les révisions que lors d’une rentrée classique. Il faut plutôt que les parents suivent le programme dès la rentrée ».

Fournitures et garde-robe.
« Les cahiers au feu… » chantaient les enfants il n'y a pas si longtemps. Cette douce période est finie, il faut penser à reconstituer les stocks. Choisir avec eux cartable et cahier de texte leur fera plaisir, avant de recevoir la liste définitive. De même en fonction des moyens, une nouvelle paire de baskets ou une veste flambante neuve leur permettra d’aborder la rentrée du bon pied !

Zelius

Demain, la Grande Ecole


Madame Villanueva, maîtresse en CP nous raconte comment éviter le stress, les angoisses et les inquiétudes … des parents et des enfants !

D’abord et avant tout, soyez rassurés…

Vous êtes un peu stressé à l’avance vous demandant comment va se passer cette entrée en CP ? C’est normal mais rappelez-vous que votre enfant n’en est pas à sa première rentrée ! Souvenez-vous de sa rentrée en maternelle, ou même avant, de ses premières journées chez la nourrice ou en halte-garderie.
Pour éviter certaines inquiétudes, rien ne vaut une bonne information : vous avez reçu des papiers de l’école, vous avez assisté à des réunions à la fin de la maternelle, vous avez rencontré et discuté avec des parents dans la même situation que vous, bref vous savez dans quel environnement votre enfant va vivre.
Vous aussi, vous aurez à vous adapter à un nouvel environnement : il y a beaucoup de changement entre le fonctionnement de l’école primaire et celui de l’école maternelle, autant le savoir tout de suite, et pour ce faire, le meilleur moyen est encore de lire le règlement de l’école. Par exemple, dans la majorité des écoles, vous irez rechercher vos enfants à la sortie de l’école et non plus dans la classe. N’hésitez pas à rappeler ces changements à votre enfant, et à en discuter avec lui.
Dans l’école de Mme Villanueva, les parents sont invités à une réunion le premier Samedi qui suit la rentrée ; pour elle, c’est un rendez-vous important à ne pas manquer « C’est le moment pour les parents de faire réellement connaissance avec moi, mais aussi de découvrir la classe et son environnement. J’expose le programme, la méthode de lecture. Je réponds à toutes les questions, cela permet de désamorcer beaucoup de « petits soucis.»
Le jour J, en amenant votre enfant dans la cour de récréation, vous aurez peut-être envie de poser des questions à la maîtresse ; mais ce jour-là, toute son attention est focalisée sur les enfants. Lors de ce premier contact, présentez-vous, vous et votre enfant, et dites le minimum : la cantine, l’étude… Pour le reste, attendez de recevoir le cahier de liaison, l’instrument de communication privilégiée entre les parents et la maîtresse.
Mme Villanueva raconte que les parents ont parfois peur que leur enfant souffre de solitude pendant la cour de récréation, ou craignent la présence de grands. « En fait, dans la réalité, les petits de CP sont très contents de découvrir la cour, les jeux s’il en y a, de reprendre contact avec leurs copains, et puis ce n’est pas la première fois qu’ils sont ainsi confrontés à des plus grands qu’eux. »


Et à votre tour, rassurez votre enfant !
Parlez avec votre enfant du déroulement d’une journée type. Mme Villanueva insiste en disant qu’il n’y a pas de coupure brutale avec la grande section de maternelle : « Au départ, il y a une grande tolérance pour ceux qui se lèvent à tout bout de champs, pour ceux qui ont tout le temps envie de faire pipi. La journée se déroule comme à la maternelle, avec un moment privilégié de lecture le matin, des jeux l’après-midi, et des activités qui demandent moins d’attention. » Et surtout, expliquez-lui ce qu’on attend de lui : pour les plus angoissés, rappelez qu’on ne lui demande pas de savoir lire à la fin de la première journée sous prétexte qu’il est en CP, profitez-en pour revoir avec lui les lettres et sons les jours qui précèdent la rentrée. Préparez la rentrée avec lui, non pas en faisant toutes les courses avant, attendez la liste, mais en achetant déjà le cartable, Mme Villanueva conseille de ne pas le prendre trop gadget, ni trop petit ! A propos du cartable, elle a remarqué que certains enfants sont angoissés par le cartable vide le premier jour de la rentrée. Expliquez lui que la maîtresse n’a besoin de rien les premiers jours et glissez-y un goûter, un paquet de mouchoirs et une petite bouteille d’eau.
Si besoin, préparez votre enfant à se séparer de son doudou. Mme Villanueva propose de lui expliquer que les journées sont longues au CP et que le doudou sera mieux à la maison, trop de bruit à l’école, etc, que les autres enfants le laissent aussi à la maison. Insistez beaucoup sur le fait que si votre enfant a une question, un souci, il doit en parler à la maîtresse : « Oser demander à la maîtresse, oser demander d’aller faire pipi, parler de quelque chose qui ne va pas. »
Dans l’école de madame Villanueva, des échanges sont organisés au mois de juin entre les grandes sections de maternelle et les CP. « Cela permet aux enfants de faire un repérage des lieux, de faire un goûter un commun qui permet de tisser des liens; d’ailleurs j’ai eu cette année un enfant qui m’a dit « je t’avais repéré maîtresse… »
Et de toute façon, la première journée, la maîtresse montre à nouveaux les différents endroits stratégiques, comme les toilettes, la cantine.

Ce qui peut faciliter…
C’est instaurer des rythmes de vie en harmonie avec une période d’apprentissage intense : les journées sont longues, alors au lit de bonne heure !
Concrètement, c’est aussid’abord faire très vite les courses pour les fournitures demandées et organiser le matériel,en retirant tous les emballages plastiques, en mettant une trousse pour les feutres, une trousse pour les crayons. Mais N’oubliez pas qu’encourager son enfant et lui faire confiance, c’est encore la meilleure manière pour qu’il puisse se développer dans un climat harmonieux.
C’est aussi le moment de prendre quelques bonnes résolutions, par exemple : continuer à lire des histoires même si l’enfant commence à se régaler à lire tout seul, ne pas s’énerver pour faire les devoirs et surtout ne pas être impatient de le voir dévorer des romans, les rythmes d’apprentissages diffèrent d’un enfant à l’autre, alors cool…

Et si jamais, malgré tout… ?
Et s’il pleure ? Votre enfant pleure dans la cour de récréation le jour J, emmenez-le auprès de sa maîtresse par la main, prévenez sa maîtresse et disparaissez au plus vite ! Sachez que dans les 5mn qui suivent, son chagrin aura disparu. Mme Villanueva le confirme, elle n’a jamais eu d’enfants en pleurs toute une matinée !

Zelius

lundi 30 juin 2008

Les devoirs de vacances. Faut-il faire travailler les enfants pendant les vacances ?

Enseignants et psychologues répondent à vos questions. Cahiers de vacances, stages, cours particulier, remise à niveau… les solutions ne manquent pas pour faire travailler les enfants, que ce soit pendant le long « break » de l’été, comme pendant les petites vacances en cours d’année scolaire.

Mais est-ce vraiment nécessaire d’engager des frais, parfois importants, pour préparer la rentrée ?
Telle est la question, que se posent tous les parents.

Les vacances, c’est du temps pour « buller », rêver, faire des activités que l’on a pas le temps de suivre le reste de l’année, et qui sont tout aussi « éducatives » que les disciplines scolaires. Reste que parfois, un petit coup de pouce peut s’avérer nécessaire, pour permettre à votre rejeton de rentrer en classe du bon pied, et sans panique (en admettant qu’il se fasse du soucis !).

Dans ce cas, vous devez adapter votre stratégie en fonction de l’âge de vos enfants et des difficultés rencontrées, sous peine de vous donner bien du mal pour pas grand chose. Comment faire travailler vos enfants pendant les vacances ? Il a besoin de réviser un peu ? Pas question pour autant de lui gâcher ses vacances. A chaque âge son tempo et une méthode adaptée. Quand démarrer les révisions ?

Comment les planifier pendant les vacances ?
Certainement pas en juillet.
Il est important de laisser à votre enfant la possibilité de faire un break et un temps réservé exclusivement aux vacances.
D'autre part, il est préférable qu'il se remette doucement « sur les rails » quelques semaines avant la rentrée : cette petite révision sera encore toute fraîche dans son esprit lorsqu'il reprendra le chemin de l'école.
Les trois dernières semaines du mois d'août sont donc la meilleure période.
Voici le bon programme à mettre en place, pour que ces moments d’études soient efficaces et que votre enfant ne se sente pas trop frustré :

- Profitez d'un moment de calme dans la journée, en début de l'après-midi, avant d'aller à la plage ou faire une balade en montagne.

- Si vous passez des vacances en famille et qu'il a des cousins ou cousines, proposez-leur de les faire ensemble : ils se stimuleront, s'échangeront des conseils et, le plus âgé sera tout fier d'aider le plus jeune.

- Laissez-le travailler seul (sauf en maternelle) mais intéressez-vous à ce qu'il fait, donnez-lui des explications, s'il vous en demande et félicitez-le lorsqu'il réussit.
Le cahier de vacances peut être un moment d'échange privilégié entre vous et votre enfant, bien plus serein que les devoirs du soir qui parfois tournent à l'affrontement.

- Ne prolongez pas trop le temps de travail.
En maternelle, un quart d'heure par jour suffit, en élémentaire une demi-heure, et si votre enfant à l’âge du collège ou du lycée, ne le laissez pas plancher plus de trois quarts d’heure. Après ce temps, son attention « décroche » et tout ce qu’il peut faire ne lui est pas profitable.

- Ne l'obligez jamais à finir son cahier de vacances si vous sentez qu'il n'accroche pas. Et n'oubliez pas que dans ce cas, les jeux de société sont d'excellents supports pour apprendre certaines notions en s'amusant.

- Enfin, il est parfaitement inutile d'aller montrer son cahier de vacances à son maître à la rentrée scolaire. Surtout en élémentaire où les enfants détestent passer pour des « fayots » aux yeux des copains.

Cahier de vacances, mode d’emploi.
Les jeunes enfants sont toujours partant pour acheter un cahier de vacances. Choisissez-le avec lui en tenant compte de ses besoins. Les plus jeunes sont toujours séduits par le côté ludique des exercices proposés qui, sans en avoir l'air, leur permettent de revoir certaines notions parfois mal comprises ou trop vite oubliées.
D'autant que ces cahiers sont conçus par des enseignants de la classe concernée et relus par d'autres enseignants.
Pourquoi cette relecture ?
Tout simplement parce qu'une fois entre les mains de votre enfant, celui-ci n'a pas la possibilité d'interroger son maître ou son professeur pour demander des explications. Aussi, pour éviter les erreurs d'interprétation, les énoncés sont examinés à la loupe.

En tant que parent, vous avez un rôle important d'accompagnement et de soutien auprès de votre enfant : ne considérez pas que son cahier de vacances soit son affaire, il doit sentir l'intérêt que vous portez à ce qu'il fait.
Il ne faut pas oublier que tous les enfants travaillent d'abord pour faire plaisir à leurs parents. Le cahier de vacances peut être un moment privilégié à partager à lui, surtout si pendant l'année scolaire, vous avez peu de temps à lui consacrer.

En maternelle, les enseignants sont plus réticents à leur usage, même s'ils leur trouvent certaines qualités : en effet, à cet âge, tous les apprentissages passent par le jeu et ils estiment que vous aiderez plus efficacement votre enfant si vous jouez beaucoup avec lui, si vous l’aidez dans sa découverte de la nature lors de vos balades.

Du primaire au collège,le cahier de vacances est un juste « coup de pouce » pour consolider des concepts étudiés dans l'année. Mais n’oubliez pas que les découvertes, les activités sportives, les veillées où l'on raconte des histoires, sont des moyens tout aussi précieux pour des enfants d’enrichir leur
s connaissances. Choisir son cahier : les conseils d’Annie F., institutrice en élémentaire

mardi 4 mars 2008

Gaucher ou Droitier

Est-il gaucher ou droitier ?

Les individus ne se répartissent pas en deux catégories, les droitiers et les gauchers, mais en quatre.

Les droitiers homogènes se servent préférentiellement et plus habilement de leur main droite pour saisir, de leur pied droit pour taper dans un ballon, de leur œil droit pour regarder (environ 50 °/o de la population).
Les gauchers homogènes utilisent le côté gauche pour tout faire (environ 5 °/o de la population). Lorsqu'un enfant est gaucher (ou droitier) franc, vous pouvez vous en apercevoir dès l'âge de 5 mois. Il n'aura généralement aucune difficulté à parler, à lire ou à écrire, pourvu que vous le laissiez se débrouiller avec son côté habile. On explique la latéralisation par la dominance de l'hémisphère gauche chez les droitiers, et inversement. Il est très troublant de voir comment un gaucher copie en général le mot papa la première fois : exactement comme si on lisait le mot dans un miroir. C'est dire qu'il perçoit son environnement à l'inverse du droitier.
Les droitiers ou gauchers partiels tendent la main droite, par exemple, mais regardent avec l'œil gauche, ou inversement.
Les ambidextres se servent indifféremment des deux côtés. Ces deux derniers types d'enfants, mal latéralisés, représentent 45 °/o des individus. Ce sont les plus difficiles à repérer. Il vous faudra attendre que votre petit ait 2 ans et demi pour savoir quelle main il utilise préférentiellement. Ce sont ces enfants, mal latéralisés, qui peuvent poser quelques problèmes : vous laissant longtemps dans l'incertitude quant au côté qu'ils préfèrent, ils peuvent encore changer de dominance jusqu'à 6 ans. Avec eux, les parents doivent être observateurs, de façon à encourager leurs capacités sans contrarier leurs tendances naturelles.

Comment savoir si votre enfant est gaucher ?

Ce n'est pas la fréquence avec laquelle l'enfant se sert plus volontiers de la main gauche qui est probante, mais l'utilisation de cette main pour les mouvements fins et précis : attraper une miette, tourner les pages d'un livre, placer un cube sur un autre, placer un objet dans un trou, prendre des ciseaux. Si votre enfant préfère nettement la main gauche, observez aussi :
  • le pied avec lequel il tape dans une balle ;
  • l'oreille qu'il tend vers votre montre ;
  • l'œil qu'il met devant un carton troué pour vous regarder.
Vous saurez ainsi s'il est gaucher homogène ou seulement gaucher manuel.

La vie est un peu plus complexe pour les gauchers

car tout est conçu sur le plan pratique pour les droitiers : les ciseaux, le couvert dressé à table avec le couteau à droite, le sens d'ouverture des robinets, et surtout le sens de l'écriture, de gauche à droite, permettant au seul droitier de voir ce qu'il vient d'écrire. Mais rassurez-vous, le gaucher nettement et précocement latéralisé à gauche s'adapte très vite et peut devenir aussi adroit que le droitier, comme le prouvent des exemples célèbres, de Michel-Ange à Platini.

Le gaucher n'est ni un génie, ni un dyslexique

Pour éviter tout problème, il est cependant essentiel de bien repérer son côté préférentiel, en particulier pour le graphisme, afin de ne pas contrarier sa main la plus habile au moment des dernières années de maternelle. N'essayez pas de le faire changer de main, vous le rendriez maladroit et le perturberiez dans toutes ses acquisitions.

Quelle main faut-il encourager chez les enfants ambidextres ?

Si là latéralisation de votre enfant ne vous paraît pas encore évidente, s'il se sert indifféremment de ses deux mains, ne faites rien pendant ses trois premières années pour orienter ses gestes avec la main droite. Accompagnez-le dans ses progrès naturels, ne le contrariez pas. Au cours de sa sixième année, un bilan précis fait par un orthophoniste permettra d'analyser finement l'habileté de chaque main et de savoir, en particulier, avec laquelle on doit lui apprendre à écrire.

http://blog.gardes-enfants.com

Comment l'enfant apprend à parler ?

Comment l'enfant apprend à parler ?

Qu'est-ce-que communiquer ?

Communiquer et parler sont deux actions différentes. La communication chez le bébé est première par rapport à la parole. Le bébé adopte plusieurs canaux de communication. Par des mimiques, des gestes, il arrive à se faire comprendre de son entourage. Bientôt, il s'exerce à prononcer des sons plus ou moins proches de mots du langage commun. En les associant sommairement, il réussit à expliciter ce qu'il souhaite obtenir de ses proches. Dans ces prémices de la parole, le corps tout entier est engagé. Car la parole fait partie du domaine du corps. Les expressions faciales vont exprimer tout le registre des émotions. Le déplacement dans l'espace est aussi en jeu. La distance sociale, c'est-à -dire, l'éloignement de celui qui émet son message par rapport à celui qui le reçoit est une convention sociale qui varie selon les civilisations. Par exemple, très proche chez les maghrébins, elle est beaucoup plus distante chez les japonais.


Donc le bébé apprend d'abord à communiquer avant d'apprendre à parler. Les parents ont un rôle important dans cet apprentissage. Les enfants ont déjà un comportement de communication différent selon leurs origines sociales, leur appartenance ethnique. Car la communication renvoie au corps mais aussi à la représentation de l'autre, à la notion d'espace et de temps, qui sont les fondements de la culture. C'est en cela que l'on peut dire que communiquer ce n'est pas tant gérer de l'information mais des stratégies. Comprendre, c'est mettre en relation des éléments d'information, on est ici dans le domaine du psycho-social L'entrée dans le langage est soutenue par deux questions constitutives de l'être humain :

- Qui suis-je pour lui parler ainsi ?

- Qui est-il pour me parler ainsi ?

Cette compétence à communiquer s'apprend d'abord dans la famille et le cercle élargi de l'environnement familial puis à l'école. On ne saurait trop insister sur l'importance pour les parents d'établir avec le bébé un mode de communication qui privilégie une relation d'explicitation du monde encourageant la découverte du monde alors qu'une relation d'autorité freine les appétits intellectuels.

Dès son entrée à l'école maternelle, le tout-petit va découvrir que ce mode de communication sommaire qui fonctionnait avec ses parents a ses limites. Il va expérimenter en échangeant avec son enseignante et ses camarades les bienfaits d'adopter un langage commun.

Qu'est-ce--que le langage ?

Parler, c'est agir. Quand les hommes parlent ils transmettent de l'information pour interagir. Ils font des actes. Parler, c'est prioritairement gérer des stratégies car les êtres humains utilisent le langage pour vivre ensemble.

Pour le jeune enfant, savoir communiquer, c'est gérer des actes de langage, d'où l'intérêt de varier les situations de communications dès le plus jeune âge. Le jeu avec d'autres enfants ou celui régulé par les adultes est une porte d'entrée efficace dans l'acquisition du langage. Peu à peu, le jeune enfant va accéder à des codes de communication de plus en plus élaborés. Au fur et à mesure que l'enfant grandit, les parents doivent encourager l'enfant à délaisser le jargon de la toute petite enfance dont l'efficacité se limite au cercle étroit des relations familiales au profit de l'acquisition du langage commun à une culture qui lui permettra de se confronter à des situations plus variées et à des expériences nouvelles.

Comment l'enfant accède-t-il au langage ?

Pour apprendre à parler, le bébé a besoin des autres êtres humains. L'enfant sauvage ne parle pas. On comprend, bien sûr, le rôle majeur des parents, surtout de la mère, au cours des débuts de l'acquisition du langage.. Il existe une période limitée dans le développement de l'enfant pendant laquelle le cerveau a cette capacité à acquérir les structures langagières, et c'est à ce moment que l'environnement doit apporter l'information utile. Si les animaux communiquent entre eux par des sons divers, le langage humain se différencie par l'organisation des mots entre eux. On peut dire que le langage humain a une structure économique puisque malgré la diversité des mots dont il est constitué il utilise pourtant peu de sons. Avec peu de sons et beaucoup de mots on peut constituer des phrases à l'infini.

Dans cette acquisition du langage, le rôle des parents est capital car il faut aider l'enfant à structurer le monde. Vers sept ou huit mois, l'enfant va diriger son regard là où regarde sa mère, il faut qu'il nomme avec la mère les objets de l'environnement. D'où la nécessité de coagir avec l'enfant pour qu'il structure l'apprentissage. L'enfant a besoin de l'adulte pour qu'il lui donne les valeurs culturelles, car le monde est perçu à travers une culture. Très vite, il va développer une capacité énorme à mémoriser. L'enfant au début comprend beaucoup plus qu'il ne produit c'est pourquoi l'adulte doit petit à petit abandonner le "parler-bébé" qui caractérise les premiers balbutiements..

Presque simultanément avec cette découverte du langage oral, il ne faut pas hésiter à mettre l'enfant en contact avec le langage écrit qui est le fondement de notre civilisation. Présenter des livres aux tout-petits, les lui lire, va l'aider à comprendre le monde et le rêver. Par ces lectures que lui fait l'adulte, il va enrichir son vocabulaire, car le monde de l'écrit et de l'oral sont en étroite interaction. II va ainsi accéder très bientôt au monde de l'écrit.


Sources :


Michel GRANDATY

"Culture écrite et inégalité scolaire", Bernard LAHIRE.

"Savoir faire, savoir dire" Jérôme BRUNER

"Pensée et langage", VIGOTSKY

Un tableau sur les grandes étapes de la construction du langage : http://www.dysphasie.ch/quand.shtml

Pour aller plus loin dans la compréhension du langage : http://www.linguistes.com/langue/intro.htm

Les troubles de l'écriture

Votre enfant peut rencontrer des difficultés dans l’apprentissage de l’écriture. Vous pouvez l’aider à la maison, mais si cela ne suffit pas, consultez un spécialiste. Les premiers pas de l’enfant dans le monde de l’écriture suscitent des réactions aussi diverses le unes des autres : tantôt les parents sourient, tantôt ils s’inquiètent…

Si au début il a tendance à former systématiquement ses lettres dans le mauvais sens ou qu’il a du mal à enchaîner les lettres les unes aux autres, ne vous affolez pas. Vous n’êtes pas au bout de vos surprises !
Au début, certains enfants ont même du mal à respecter les lignes du cahier, confondent les
« m » et les « n », les « b » et les « d ».
Pas de panique ! L’apprentissage de l’écriture est long et difficile et peu d’enfants ne rencontrent aucun de ces problèmes.
Ces premières difficultés n’augurent en rien des capacités futures de votre enfant.

Les lettres en miroir
Certains enfants écrivent parfois lettres et chiffres complètement à l’envers.
Ce problème fréquent est lié à un problème de représentation dans l’espace et est le plus souvent passager.
Les lettres en miroir
L’écriture en miroir est un problème courant chez l’enfant qui apprend à écrire.
Il a souvent tendance à tracer certaines lettres complètement à l’envers et qui ressemblent exactement à l’image que renverrait un miroir. L’enfant n’écrit pas des phrases entières en miroir, mais le plus souvent une lettre sur deux, parfois moins.
Très souvent, il écrira aussi les chiffres de cette manière.
Ne vous alarmez pas trop tôt. De nombreux enfants passent par ce stade. Presque tous écrivent à un moment le « 3 » le « R » ou le « b » à l’envers.
A quoi cela est-il dû ?
A cet âge là, l’enfant peut encore avoir des problèmes d’organisation dans l’espace et dans le temps. Pour écrire convenablement, il doit avoir intégré le fait que les lettres s’enchaînent et se placent les unes derrière les autres
Comment faire ?
- Évitez tout d’abord de le gronder. Vous risqueriez de l’alarmer et lorsqu’il se mettra à écrire, il aura tendance à faire une fixation sur ce type de problème.
- Montrez-lui plutôt comment faire en lui demandant de repasser, à l’aide d’un stylo feutre, par-dessus les lettres et les chiffres que vous lui aurez écrits.
- Surtout, ne lui infligez pas des pages d’écriture car il risque de le prendre comme une punition.
- Si en milieu d’année, votre enfant présente encore ces troubles vous pouvez l’emmener chez un psychomotricien qui lui apprendra à bien se repérer dans l’espace par des exercices simples tels que lui faire différencier sa gauche de sa droite, le haut du bas… Ces notions sont très importantes car c’est seulement lorsqu’il saura se repérer dans l’espace, qu’il parviendra à s’organiser sur sa feuille.


Les lettres tracées dans le mauvais sens
Pour écrire avec aisance, l’enfant doit respecter certaines règles dans le tracé de ses lettres. Nombreux sont les enfants qui les tracent à l’envers. Ce petit défaut doit être vite corrigé pour que votre enfant écrive, plus tard, à un rythme régulier.
En apprenant à écrire, votre enfant découvre aussi que le tracé des lettres a un sens.
Les lettres à base de boucle se forment dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, donc de gauche à droite, et les traits verticaux de haut en bas.
A priori, votre enfant s’est préparé à bien effectuer ce geste dès la maternelle en réalisant ses premiers ponts, boucles ou bâtons… Pourtant, pour certains, ce n’est pas une évidence et continuent à former leurs lettres dans le mauvais sens.
A quoi cela est-il dû ?
Ici encore c’est un problème de repérage dans le temps et l’espace.
S’il n’a pas la notion de droite-gauche et de haut et bas, l’enfant peut tout à fait écrire ses lettre à l’inverse de la procédure normale sans que l’on s’en rende réellement compte en regardant sa copie.
Ce n’est qu’en l’observant dans sa manière de faire que l’on peut détecter ce genre de problème.
Comment faire ?
- Il n’est pas nécessaire d’aller consulter un spécialiste tout de suite, mais il tout de même important de rééduquer votre enfant assez rapidement car s’il garde ces mauvaises habitudes, il risque de mettre plus de temps à écrire que ses petits camarades.
- Exercez-le à écrire les lettres dans le bon sens en lui proposant des activités ludiques : faites-lui tracer des ronds et des bâtons en lui faisant travailler l’attache entre deux lettres. C’est un exercice difficile : l’attache entre le « b » et le « e », par exemple, est particulièrement compliquée mais c’est une étape importante dans la maîtrise de l’écriture.

LA DYSLEXIE , ça me cripse comme un machte de bosc.

LA DYSLEXIE , ça me cripse comme un machte de bosc.

La simple pensée des travaux scolaires, la simple entrée dans la classe ou la simple vue d’un livre ou d’une lecture à faire, peut provoquer le rejet, la fuite ou l’inhibition chez certains enfants. On dit de lui qu’il "n’aime pas l’école", "il n’aime pas lire". Il dit de lui qu’il "est nul", sous entendu "je suis bête car je ne comprends rien à l’école, je n’arrive pas à suivre". Les devoirs sont un véritable supplice pour les parents et une corvée pour les enfants qui ne se plient que sous la contrainte. Que se passe t-il ?

Suite à un bilan orthophonique ou psychologique, l’enfant est alors repéré comme "dylexique". Voilà un enfant pour lequel on vous demande de vous organiser pour des séances de rééducation deux à trois fois par semaine afin de remettre l’enfant dans le circuit scolaire. Mais est-ce obligatoire ? C’est un diagnostic qui fait souvent peur aux parents : quelle est la définition exacte de la dyslexie ? Quelles en sont les causes ? Quelles en sont les conséquences ? Quelles en sera l’évolution pour l’enfant ?

QU’EST CE QUE LA DYSLEXIE ?

Selon les auteurs, la dyslexie touche entre 8 et 10 % des enfants normalement scolarisés (3 à 4 garçons pour une fille). La dyslexie se caractérise par une difficulté à acquérir la lecture à l’âge habituel en dehors de toute débilité ou déficience sensorielle. Suite à l’apparition de la dyslexie s’associe des difficultés d’orthographe d’où le nom de dyslexie-dysorthographie qui est alors un ensemble de difficultés durables ( et non pas un simple retard d'acquisitions) d'apprentissage fondamentaux de la lecture et/ou de l'orthographe chez un enfant (ou un adulte). Il ne faut donc pas confondre dyslexie et échec scolaire. Tous les enfants ayant des difficultés à l'école primaire ne sont pas dyslexiques, et vice versa, un enfant peut être dyslexique sans pour cela être en échec prolongé ( en particulier si la dyslexie est légère et si elle peut être compensée par le développement d'autres aptitudes intactes).

APPRENDRE A LIRE ET A ECRIRE .

Cet apprentissage passe par trois étapes durant lesquelles les deux mécanismes, lecture et écriture, se renforcent mutuellement par des relations réciproques.

- La première étape dite "logographique"
Si un enfant de trois ans paraît reconnaître un mot, à l'étonnement de ses parents, ce n'est pas parce qu'il a ''lu'', au sens habituel, mais simplement qu'il en a reconnu la forme générale sur des indices extérieurs : la forme des lettres, leur couleur, l'aspect général du mot. A ce stade, l'enfant ne sait évidemment pas lire, mais est capable de reconnaître parfois un nombre conséquent de mots, et ce uniquement à l'aide de quelques indices visuels. C'est cette capacité qui est utilisée lors des premiers mois de l'apprentissage scolaire de la lecture pour les enseignants qui appliquent la méthode globale ou semi-globale. On donne à l'enfant l'illusion de lire en lui apprenant à reconnaître globalement certains mots. Mais jusque là, il n'y a pas de lecture proprement dite puisque l'enfant n'utilise pas encore la correspondance entre les lettres et les sons.

- Une deuxième étape dite "alphabétique" :
Paradoxalement, à ce stade, c'est l'écriture qui va permettre de développer les capacités de lecture : au cours du CP, l'enfant va, avec l'aide de l'écriture, développer un système fondamental qui est la base de la lecture et qui consiste à automatiser les liens entre la forme visuelle ( des lettres, des groupes de lettres, des syllabes) et leur correspondant sonore. Ce système, d'abord utilisé pour donner un nom ( donc un son) à chaque lettre, va rapidement être capable de transformer des groupes de lettres en des suites de sons.

- Une troisième étape dite "orthographique" :
Elle correspond au moment où l'enfant devient apte à reconnaître un mot comme une entité, grâce à la formation progressive de ce que l'on appelle un lexique orthographique. Le fonctionnement de ce lexique est encore incomplètement connu, mais il semble se faire à la manière d'un dictionnaire auquel on se référerait pour chaque mot à lire, selon une procédure de type photographique, permettant une identification rapide ( d'autant plus rapide que le mot est plus familier) puis un accès immédiat au sens.
C'est cette procédure orthographique ( je photographie, je reconnais, je comprends) qui se développerait ensuite pour devenir de plus en plus efficace au fur et à mesure que la lecture devient de plus en plus compétente. Au bout du compte, le lecteur adulte n'utiliserait pratiquement plus que la procédure photographique, ce qui est évidemment beaucoup plus rapide et économique que de passer par l'assemblages des formes sonores ( qui reste cependant nécessaire lorsqu'on doit lire, par exemple, des mots nouveaux, ou sans signification, ou encore des mots d'une langue étrangère).

L’ENFANT DYSLEXIQUE

La plupart des dyslexies/dysorthographies apparaissent dès le CP, moment du contact initial de l'enfant avec la lecture. Contrairement à une opinion erronée couramment répandue, il n'y a pas de ''fautes-types'' du dyslexique, comme l'inversion de lettres ou de syllabes : les erreurs des dyslexiques sont multiples, le plus souvent simultanées ( ''fautes'' que fait tout enfant qui apprend en CP/CE1, et qui sont inévitables au début) mais en plus elles persistent durant la scolarité.

Au niveau du déchiffrage :
* confusions auditives, visuelles ( a/an, s/ch, u/ou,...et toutes les sourdes-sonores p/b, t/d, k/g, f/v, ch/j, s/z) ( p/q, d/b),
* inversions-omissions ( or/ro, cri/cir, ..) ( bar/br, arbre/arbe,...),
* adjonctions-substitutions ( paquet/parquet, odeur/ordeur,...) ( chauffeur/faucheur),
* contaminations ( dorure/rorure,...palier/papier)
D'une manière générale, le déchiffrage d'un texte est lent, hésitant, saccadé ( débit syllabique), la ponctuation non respectée. Au niveau de la compréhension : Le dyslexique ne retire pas de sens, ou seulement partiellement, de ce qu'il a déchiffré. Il n'aime pas lire, et rejette souvent les matières ou activités qui font appel à l'écrit. En général, il y a conjonction de ces deux types de troubles.

Au niveau de la dysorthographie :
Les fautes constatées, qui elles aussi sont normales au début de l’apprentissage, sont semblables à celles qu’on observe en lecture :
- erreurs de reproduction de la forme sonore du langage (confusion, omissions, inversions) - erreurs d’orthographe d’usage
- erreurs grammaticales
- erreurs de mode et de temps
- erreurs de compréhension (erreurs de structuration).

La dyslexie est, littéralement, un DYSFONCTIONNEMENT DE LA LECTURE (comme la dysorthographie est un dysfonctionnement au niveau de l’orthographe). L’enfant dyslexique déchiffre lentement avec de nombreuses hésitations, confusions, inversions ... et ce, QUELQUE SOIT le matériel écrit proposé et le moment de la journée. Ces erreurs sont donc PERSISTANTES et, la compréhension qui en découle est également perturbée.

FACTEURS ASSOCIES

Le dyslexique souffre-t-il d'autres défauts d'apprentissage que la lecture et l'écriture? En fait, la spécificité du trouble du langage écrit est rarement absolue et divers autres domaines peuvent être touchés, en plus du langage écrit, sans pour cela altérer l'intelligence globale. -

Le langage oral

Beaucoup d'enfants dyslexiques ont aussi divers types de difficultés en expression orale : incoordination des organes phonateurs [ train==>krain,...], troubles d'articulation [mauvaise prononciation d'un son quelle que soit la place dans le mot...].
Ces différentes altérations possibles font que l'on considère volontiers la dyslexie comme une forme atténuée d'un autre type d'apprentissage ( plus grave et beaucoup plus rare [3% des enfants]), appelé dysphasie de développement (la majorité des enfants dysphasiques, après avoir récupéré leur langage oral deviennent ultérieurement dyslexiques).

- La mémoire :
Le dyslexique ne présente généralement pas, à proprement parler, de trouble de la mémoire. Il n'existe pas de difficulté particulière à rappeler les épisodes de la vie quotidienne ou à apprendre une liste d'images ou de mots. En revanche, certains dyslexiques présentent des troubles spécifiques de mémorisation de la forme visuelle des mots. On insiste surtout actuellement sur la fréquence de trouble d'une forme particulière de mémoire, appelée '' mémoire de travail verbale''. Il est ainsi très courant que les enfants dyslexiques aient une performance inférieure à la moyenne des enfants de leur âge pour les tâches comme rappeler immédiatement une liste de chiffres, présentés oralement ou par écrit. Ce trouble concernerait spécifiquement la capacité à garder pendant quelques secondes en mémoire une succession de sons du langage, ce qui contribue probablement au trouble de la conscience phonologique.

- Écriture et habileté manuelle :
Certains dyslexiques, mais seulement une minorité d'entre eux, présentent des troubles de la gestualité pouvant aller d'une simple maladresse manuelle jusqu'à un véritable handicap pour les gestes complexes, en particuliers bimanuels. Mais la manifestation la plus gênante de ce trouble reste celle du geste d'écriture. On voit souvent des dyslexiques ayant une mauvaise tenue du crayon, avec la main crispée et fléchie, des mouvements mettant en jeu l'ensemble du bras voire du tronc, ce qui rend beaucoup plus difficile l'acte d'écrire. Le résultat est souvent caractérisé par des gribouillis, des irrégularités entre les lettres, des difficultés à maintenir l'horizontalité : c'est ce que l'on dénomme une dysgraphie.

- Enfant hyperactifs :
une mode américaine dont on se méfie beaucoup... On a beaucoup insisté ces dernières années, surtout aux Etats Unis, sur la fréquence associée ou non à la dyslexie, de difficultés qu'éprouvent certains enfants en période d'apprentissage à maintenir leur attention sur une tâche ou un exercice, difficulté qui peut réaliser un véritable handicap et, chez le dyslexique, un obstacle à toute tentative de rééducation. Dans certains cas, ce trouble de l'attention a une répercussion motrice, l'enfant ne pouvant rester en place plus de quelques minutes et montrant dans toutes ses attitudes une agitation anormale : on parle de syndrome d'hyperactivité ( qui ne sera pas développé ici).

LES CAUSES DE LA DYSLEXIE

Il y a quelques années, on concevait la dyslexie comme une difficulté d'apprentissage en rapport avec un trouble particulier de l'intelligence et favorisé par un contexte psychologique et familial souvent considéré comme déterminant. On sait à présent qu'il n'en n'est rien...

- Depuis une quinzaine d'années, en effet, divers travaux de recherche ont permis de préciser les particularités de la structure cérébrale du dyslexique (cortex cérébral). Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, dans la majorité des cas, les résultats de ces recherches tendent à montrer que le cerveau du dyslexique, loin de manquer de substance cérébrale, en particulier cette substance grise qui contient l'origine des neurones, en possède en excès, un excès considérable puisqu'il s'agit de plusieurs millions de neurones supplémentaires ! Les données disponibles sur le développement normal du cortex permettent de dater au milieu du 6° mois de gestation le mécanisme anormal ayant abouti à la production de neurones en excès et en position atypique.

- Les spécialistes de la microscopie cérébrale ayant analysé ces cerveaux de dyslexiques ont également découvert des anomalies cellulaires non plus au niveau de la surface corticale, mais dans la profondeur des hémisphères, au sein de noyaux qui servent de relais aux voies auditives et visuelles. Plus précisément, il existe une atrophie des grosses cellules de ces noyaux, dont on présume qu'elles servent à véhiculer un certain type d'informations sensorielles ayant trait à la perception globale et à la transmission rapide de l'information, tant auditive que visuelle. Ces anomalies magnocellulaires sont à rapprocher des anomalies de la perception des informations visuelles rapides et à faible contraste chez le dyslexique.

- Latéralisation du cerveau et dyslexie : quand la droite et la gauche ne se parlent plus ! Une des particularités les plus étonnantes du cerveau humain est d'être constitué de deux moitiés (hémisphères) reliées par un pont de substance blanche ( le corps calleux). Ces deux hémisphères, bien que morphologiquement très similaires, fonctionnent en fait de manière très différentes. Le gauche contient tous les centres et circuits spécialisés dans le langage, alors que le droit est pratiquement incapable de toute activité linguistique, mais contient la plupart des circuits permettant la perception spatiale, en particulier sur le mode visuel, du monde environnant.
Des travaux récents ont ainsi démontré deux différences fondamentales entre les cerveaux des sujets dyslexiques et non dyslexiques :
* une modification de l'asymétrie entre les parties droite et gauche de certaines zones de la surface cérébrale,
* une augmentation de la taille du corps calleux. Dans les deux cas, ces particularités correspondent à des millions de cellules nerveuses supplémentaires sur le cerveau du dyslexique par rapport au non dyslexique.

- Facteurs génétiques : parallèlement à ces considérations scientifiques, on constate que dans plus de 50% des cas, il existe dans la famille proche du dyslexique un ou plusieurs cas ayant des caractéristiques similaires, même si l'étiquette ''dyslexie'' ne leur a pas été nécessairement apposée. Par exemple, il est fréquent qu'un père découvre à l'occasion de la dyslexie de son fils qu'il a lui-même souffert durant son enfance du même type de trouble.
- Pédagogie : l'utilisation par les enseignants d'une méthode globale ou semi-globale d'apprentissage repose sur le postulat que le système d'assemblage est parfaitement fonctionnel, ce qui peut être vrai chez la majorité des enfants, mais pas pour les 10 % d'enfants qui souffrent de dyslexie. Chez eux, ce type de méthode peut donc s'avérer désastreuse, en particulier par le fait qu'elle risque de masquer le trouble et de retarder d'autant le début de la rééducation.

DEPISTAGE

Un dépistage est indispensable, aussi précoce que possible. Il est envisageable dès la maternelle pour recenser les signes prédictifs de risques de difficultés à survenir au moment du vrai ''contact'' avec les apprentissages du langage écrit ( au CP).
Les années suivantes sont elles aussi capitales à surveiller, pour éviter l'installation dans l'échec. Il est important que ce dépistage ne soit pas délégué uniquement à l'école. Il faut au contraire une association des vigilances des parents, de l'entourage, du médecin et des enseignants.
La dyslexie/dysorthographie est une des principales causes d'échec scolaire, puis professionnel, voire social.Tant qu'elle n'est pas reconnue, comprise et rééduquée, l'enfant ou l'adulte est en souffrance, et les attitudes de l'environnement familial, scolaire ou professionnel souvent inadaptées par ignorance.
Chez l'enfant se développe alors le dégoût pour l'écrit, et le désinvestissement progressif des matières demandant un effort de lecture. Le langage restera alors pauvre, le travail sera lent, on observera une fatigue et une difficulté à transcrire le contenu de la pensée, et à intégrer le discours des autres. A long terme pour la vie adulte, la dyslexie/dysorthographie incorrectement prise en charge est reconnue comme un lourd facteur d'inadaptation socioprofessionnelle.

PRISE EN CHARGE

Un diagnostic différentiel précis est indispensable, pour que les réponses thérapeutiques soient bien appropriées. Il faut rappeler que les types, les intensités, et contextes des dyslexies/dysorthographies sont très variés. Ceci conduit à des examens divers d'autant plus complets et pluridisciplinaires que les troubles sont complexes et sévères . En effet, pour les troubles graves, les examens doivent être à champ large et cumuler les domaines :
* médical,
* psychologique ( évaluation des contextes familiaux, affectifs, sociaux ; potentiel intellectuel, état/fonctionnement psychologique),
* orthophonique ( langagier),
* psychomoteur ( temporalité, spatialité),
* neuropsychologique ( état et articulation des fonctions cognitives essentielles au langage),
* scolaire ( niveau des acquisitions et des difficultés, fonctionnement cognitif, comportement,...).

Différentes prises en charge rééducatives devront alors être entreprises. Elles seront d'ordre langagier et neuro-cognitif pour le versant intrinsèquement langagier et d'ordre psychologique ou psychothérapeutique si nécessaire en fonction des dégâts constatés sur la personnalité et la motivation.
Leur nature, leur pluridisciplinarité, et leur fréquence dépendra là aussi de la nature et de l'intensité du trouble. L'orthophonie étant pratiquement toujours impliquée lorsqu'il s'agit de troubles spécifiques au langage.
Parallèlement, une adaptation pédagogique devrait pouvoir être aménagée en classe, pour ajuster les exigences aux progressions scolaires possibles en lien avec les rééducations et il sera primordial de conserver absolument des espaces scolaires de valorisation. Il faut absolument s'unir pour soutenir le combat contre les problèmes de langage écrit, qui sont toujours complexes...

QUEL PRONOSTIC ?

L'évolution des troubles du langage écrit va dépendre de plusieurs facteurs, qui peuvent varier suivant les enfants concernés en rapport avec :
* le type de dyslexie/dysorthographie : certains sont plus ou moins faciles à traiter,
* l'intensité des troubles : les troubles sévères sont évidemment plus résistants aux rééducations,
* la précocité du dépistage,
* l'existence, la régularité et l'intensité des rééducations qui peuvent durer plusieurs années pour les cas les plus sévères,
* les soutiens rencontrés venant alimenter la motivation, la réparation des vécus d'échec,
* la vigilance, la coopération et la coordination entre famille, école et rééducateurs. Dans de bonnes conditions de traitement, d'environnement et de soutien, les troubles dyslexiques, dysorthographiques se réduisent, souvent très nettement, mais ne ''disparaissent'' vraiment complètement que s'ils étaient d'intensité légère. Les cas moyens et sévères vont souvent gagner des performances bien améliorées et moins handicapantes autorisant le plus souvent études et formations. Mais ils laisseront souvent une faiblesse par rapport à l'écrit.

C'est pourquoi, l'éducation des enfants dyslexiques/dysorthographiques doit particulièrement comporter une éducation à l'effort personnel ( éducation à ne pas affecter uniquement à l'école ou aux rééducateurs, mais qui relèvent fortement aussi des parents !).
Enfin les tolérances et adaptations possibles à travers les structures scolaires ou professionnelles de notre société seront autant de chances d'intégration laissées à ces enfants ou adultes au fonctionnement du langage certes plus difficiles, mais dont les ressources d'intelligence normale et de richesse personnelle valent celles de nous tous...

Valérie ALBERTI , orthophoniste (Luxembourg)
Catherine VERDIER , psychologue (Luxembourg)